Free Access
Issue
Med Sci (Paris)
Volume 41, Novembre 2025
Les Cahiers de Myologie
Page(s) 72 - 77
Section Myologie dans le monde
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/2025172
Published online 28 November 2025

© 2025 médecine/sciences – Inserm

© Image par WikiImages de Pixabay

Une passation de témoin en douceur

Le temps des pionniers de la myologie africaine, à l’instar de contributeurs maghrébins comme Mongi Ben Hamida en Tunisie et bien d’autres, est révolu. Leur héritage demeure impressionnant. Bon nombre de myopathies et de neuropathies héréditaires ont vu leurs causes élucidées au niveau moléculaire grâce à des échantillons d’ADN prélevés auprès de patients et de familles d’Afrique du Nord [1]. On pense en particulier aux dystrophies musculaires des ceintures (LGMD pour Limb Girdle Muscular Dystrophy) comme la Severe Childhood Autosomal Recessive Muscular Dystrophy ou SCARMD, rebaptisée ultérieurement LGMD-R5 liée au gène SGCG (sarcoglycan gamma), ou la LGMD-R9 liée au gène FKRP (fukutin-related protein), ou encore certaines formes récessives autosomiques de maladie de Charcot-Marie-Tooth [2]. Un grand nombre de ces travaux a été conduit en collaboration avec des équipes françaises, le plus souvent avec le soutien direct ou indirect de l’AFM-Téléthon, mais aussi avec d’autres équipes étrangères.

Une nouvelle génération de myologues cliniciens africains a donc pris les commandes, mais dans un contexte socio-économique et géopolitique à l’évidence différent. Les défis auxquels ils font désormais face ne sont plus les mêmes. Il s’agit moins d’identifier des gènes nouveaux, même si le continent regorge de « pépites » inexploitées sans doute pour quelque temps encore, mais plutôt d’apporter des confirmations de diagnostic en routine, et cela à un moindre coût. Il faut enfin gérer les attentes, pour ne pas dire les frustrations, vis-à-vis des thérapies innovantes qui sont désormais disponibles de l’autre côté de la Méditerranée, mais pour l’instant très peu, voire pas du tout, accessibles sur le continent africain.

L’ouverture des pays sub-sahariens francophones à la myologie est, elle, plus récente, et laisse espérer des collaborations tout aussi fructueuses. Ces projets de coopération concernent un nombre grandissant de pays de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Guinée, Mali, Burkina-Faso, Niger, Côte d’Ivoire et Bénin, entre autres). Ils sont le fruit de l’impulsion initiale donnée par le Réseau ouest africain de prise en charge des myopathies (ROAMY), co-animé par la Fondation Internationale TIerno et MAriam (FITIMA) et par des cliniciens de la région depuis 2009 [3]. Ces actions communes s’étendent désormais aux pays limitrophes d’Afrique centrale comme le Gabon, le Cameroun et la République démocratique du Congo (RDC) avec lesquels des liens ont été noués et où plusieurs missions ont été récemment effectuées.

Le développement de la myologie dans les pays anglophones d’Afrique n’est pas oublié pour autant, mais il fait appel à d’autres réseaux, notamment ceux pilotés à partir de l’ancienne puissance coloniale dans cette partie du monde, à savoir le Royaume-Uni. On citera en particulier les travaux collaboratifs des neurologues et généticiens de Queens Square à Londres associés à ceux d’Afrique du Sud ; les premiers disposant de financements et de capacités de séquençage inégalées pour conduire à terme des études génétiques de très bon niveau. On citera également, dans un autre registre, l’implication très appréciée de neurologues américains en Zambie, notamment pour la formation des jeunes médecins d’Afrique australe.

Précisons qu’en Afrique, si les disciplines traditionnelles comme la pédiatrie ou la neurologie ont du mal à consacrer du temps et des moyens aux seules maladies neuromusculaires, les généticiens semblent, eux, mieux structurés et plus actifs comme le prouve la mise en place programmée de centres de référence régionaux pour la génomique, le tout grâce à des financements conséquents obtenus auprès de plusieurs bailleurs de fonds internationaux [4]. Le patrimoine génétique de l’Afrique intéresse, qu’on se le dise ! On peut aussi espérer que les myologues africains puissent, à terme, s’appuyer sur ces structures, a priori ouvertes à collaboration, pour mener à bien leurs propres travaux scientifiques.

L’épidémiologie des maladies neuromusculaires en Afrique

L’épidémiologie des maladies neuromusculaires en Afrique est encore très parcellaire, faute d’études à grande échelle et de publications d’importantes séries dans des revues à forte visibilité. D’où la référence au terme de terra quasi incognita dans le titre du présent article. Seules certitudes : la fréquence des pathologies autosomiques récessives est plus élevée qu’ailleurs du fait d’une consanguinité ambiante (surtout entre cousins germains) dans certaines communautés. De plus, les familles nombreuses restent la règle en Afrique, peu de pays de la région ayant véritablement accompli leur transition démographique. Ceci est encore plus vrai dans les pays sahéliens où les taux de fécondité figurent parmi les plus élevés au monde. L’urbanisation et/ou le développement économique n’ont pas freiné cette endogamie qui a des racines très profondes. Dans certaines zones géographiques, elle est même comparable à celle observée au Moyen-Orient et dans la région du golfe arabo-persique. Cette forte consanguinité vient souvent brouiller les cartes des algorithmes diagnostiques, dans un sens comme dans un autre. On a cru par exemple qu’il y avait plus de SCARMD au Maghreb que de cas de dystrophie musculaire de Duchenne, ce qui n’est pas tout à fait vérifié sur le terrain. À l’inverse, la notion de consanguinité au sein d’une famille donnée doit orienter d’emblée vers une pathologie autosomique récessive, voire vers deux pathologies récessives différentes, y compris neuromusculaires, dans la même fratrie (ce que l’on appelle communément un « double trouble »).

La cartographie des maladies neuromusculaires en Afrique reste donc à faire. Les registres de patients, quand ils existent, y sont à l’état embryonnaire. Tout comme est à constituer un inventaire des variations génomiques propres aux populations africaines. Les bases de données internationales contiennent encore trop peu de données issues du séquençage à haut débit malgré les efforts louables de quelques équipes. Restent les observations sur le terrain qui constituent autant de questionnements. Pourquoi, par exemple, très peu de cas de dystrophie myotonique de type 1 ou 2 sont inventoriés en Afrique sub-saharienne ? Y a-t-il une explication moléculaire précise ou est-ce l’incapacité à en faire le diagnostic, faute d’accès aux tests génétiques de confirmation ? Quelle est la fréquence réelle de l’amyotrophie spinale infantile (SMA) sur l’ensemble du continent ? Autant de questions pour l’instant sans réponses.

Des difficultés structurelles

« Faire aussi bien que possible avec le peu de moyens disponibles. » Telle est, en résumé, la devise de nombreux myologues africains. Tout est généralement très compliqué en Afrique lorsqu’il s’agit de valoriser des observations originales de pathologies neuromusculaires, a fortiori s’il s’agit de myopathies ou de neuropathies héréditaires. Peu de pays ont en effet pris le virage de la génétique. La spécialité de génétique médicale n’existe pratiquement pas en tant que telle à l’échelle du continent, à l’exception notable du Bénin, de l’Afrique du Sud et de certains pays du Maghreb. Corollaire d’une faible demande d’examens et de coûts encore rédhibitoires, les laboratoires de biologie moléculaire se comptent sur les doigts d’une main et/ou sont mutualisés avec d’autres partenaires académiques (Institut Pasteur, laboratoires universitaires dédiés aux maladies infectieuses ou à la recherche agronomique), quand ils ne sont pas carrément délégués au seul secteur privé commercial comme les laboratoires Cerba-Pasteur, Eurofins ou Centogene, pour ne citer que les principaux. D’autres freins ont été clairement identifiés : la solvabilité des personnes concernées (la majorité d’entre elles vivent en dessous du seuil de pauvreté et ont à peine les moyens de se payer, à titre d’exemple, un simple dosage biologique de créatine phosphokinase [CPK]), l’absence de vraie couverture sociale dans un très grand nombre de pays, la faible démographie médicale notamment en matière de neurologie, et enfin, le manque d’intérêt de beaucoup de professionnels de santé vis-à-vis de ces maladies considérées le plus souvent comme rares, complexes à diagnostiquer et sans réelles perspectives thérapeutiques localement.

thumbnail

La myologie africaine est aussi au croisement de plusieurs spécialités médicales. (DR)

thumbnail

Journée de formation « dystrophinopathies » à Cotonou, au Bénin, en novembre 2024. (DR)

Un foisonnement d’initiatives

Ces dernières années ont vu une multiplication des initiatives destinées à développer les collaborations en Afrique dans le domaine des maladies neuromusculaires et, de manière plus générale, dans celui des maladies rares. Celles-ci ont pris plusieurs formes.

La formation des plus jeunes générations

Cette formation constitue un objectif prioritaire. Plusieurs dizaines de praticiens africains, qu’ils soient d’Afrique du Nord ou de l’Ouest, ont suivi ces dernières années les enseignements dispensés en France dans le domaine de la myologie. On peut citer en particulier le diplôme inter-universitaire de pathologies neuromusculaires organisé conjointement par les universités de Paris-Sorbonne et de Marseille, et les différentes versions, numériques et/ou présentielles, du programme AcadeMYO de l’Institut de Myologie (ex. Summer School of Myology). Certains de ces praticiens participent aux réunions annuelles des sociétés savantes du domaine (société française de myologie [SFM], société française du nerf périphérique, etc.). Les enseignements ont également pu avoir lieu sur place, à l’occasion de congrès/séminaires ou de formations pratiques agrémentées ou non de la présence d’experts venus de France. Cela a été le cas de la première école de myologie d’Afrique de l’Ouest qui a été organisée par le CHU Fann de Dakar au Sénégal en 2023 pour les résidents en neurologie de la sous-région et du Maghreb, et de la journée de formation consacrée aux dystrophinopathies en novembre 2024, à Cotonou, au Bénin.

L’école de myologie pour l’Afrique et la région Middle-East North Africa (MENA) qui est couplée au congrès de la société marocaine de neurophysiologie clinique, rencontre également chaque année un franc succès. Cet événement annuel qui se déroule sur trois jours début mai et qui a toujours lieu au Maroc, est soutenu par la SFM. Il donne la possibilité aux Maghrébins et aux Subsahariens de prendre connaissance des avancées dans les différentes pathologies neuromusculaires, et de participer à de nombreux ateliers pratiques, notamment en électrophysiologie (électroneuromyogramme [ENMG]) et en échographie musculaire. Plus récemment, la filière française neuromusculaire Filnemus s’est ouverte à l’international et a permis à plusieurs médecins africains, jeunes ou moins jeunes, de participer à des formations spécifiques à Marseille ou ailleurs, notamment dans le domaine, jusqu’ici souvent délaissé, de la prise en charge au long cours des malades neuromusculaires.

Dans la droite ligne de ces actions de formation, il faut également mentionner la tenue, tous les deux ans, du COPMAN, le congrès panafricain des maladies neuromusculaires ciblant principalement des spécialistes francophones. Organisé pour la première fois à Cotonou en octobre 2023, il a permis des échanges fructueux entre équipes francophones du Nord et du Sud. La deuxième édition aura lieu du 8 au 11 octobre 2025, toujours à Cotonou (https://website.copman.net/).

L’aide au diagnostic

Cette aide a toujours existé dans le cadre des réseaux Nord-Sud en myologie. L’idée est de pallier l’absence, ou quasi-absence, de tests génétiques au Sud, la problématique étant superposable pour les pathologies inflammatoires du muscle où les dosages d’auto-anticorps s’avèrent souvent difficiles à organiser et restent chers. Cette aide passe par une validation clinique préalable du diagnostic présomptif, de préférence dans un cadre collégial. Celle-ci peut se faire lors des consultations de myologie sur place ou à distance lors de discussions de cas cliniques. C’est tout l’objet des réunions de concertation pluridisciplinaire de myologie (RCP panafricaines de myologie) qui ont lieu mensuellement en visioconférence et qui réunissent pendant deux heures une cinquantaine de praticiens (neurologues, pédiatres, généticiens, anatomopathologistes, autres) et de représentants d’associations du continent africain.

La Myocaravane est une initiative originale encore plus récente. Elle a été lancée par des opérateurs hospitaliers français et béninois grâce à un financement du ministère français de la Santé dans le cadre des missions d’intérêt général et d’aides à la contractualisation (MIGAC). Son principe s’inspire des neuro-caravanes déjà opérationnelles au Sénégal à l’instigation du professeur Gallo-Diop et de ses collaborateurs. Dans les deux cas, il s’agit d’aller à la rencontre des patients et des familles concernés, à distance (relative) des CHU et des grands centres urbains. C’est ainsi qu’une délégation de sept professionnels de santé venus de France a consulté pendant deux jours, dans la périphérie de Cotonou, avec le concours de plusieurs homologues locaux. La Myocaravane s’est installée dans un centre missionnaire pédiatrique, puis dans les locaux d’une ONG (organisation non gouvernementale) locale pour personnes en situation de handicap. Une sensibilisation à l’éducation thérapeutique des patients a également été organisée lors de ce séjour. Sur les soixante-dix patients examinés, près de la moitié était concernée par une pathologie neuromusculaire, témoignant ainsi de bonnes capacités de repérage. Une vingtaine de prélèvements à visée diagnostique a été réalisée sur place et a fait l’objet d’une extraction d’ADN à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou. Ces travaux exploratoires seront valorisés à terme par une publication scientifique conjointe.

Des contributions significatives au développement des connaissances

Malgré tous les obstacles rencontrés au quotidien, et dans le sillage des grandes découvertes des années 1990 au Maghreb (cf. supra), l’Afrique contribue de plus en plus à l’enrichissement des connaissances dans le domaine de la myologie, comme l’illustrent les trois exemples qui suivent.

La myopathie liée au gène STAC3

Cette myopathie congénitale autosomique récessive a été décrite pour la première fois en 2008 au sein de la communauté lumbee de Caroline du Nord aux Etats-Unis, au point de prendre le nom de native american myopathy [5]. C’est en 2013 que le gène causal, STAC3 (SH3 And Cysteine Rich Domain 3), a été identifié à partir de l’isolat nord-américain [6]. Il code une protéine ayant beaucoup de similitudes avec le récepteur à la ryanodine. La même mutation causale de ce gène est apparue ultérieurement dans un nombre grandissant de patients africains ou ayant des ascendances africaines. Les dernières contributions de deux groupes distincts de chercheurs sud-africains vont dans ce sens. Plus de 100 patients y ont été diagnostiqués par séquençage à haut débit (NGS pour next-generation sequencing) parmi les enfants présentant un tableau de myopathie congénitale non étiquetée ou un syndrome de King-Denborough. La piste d’un effet fondateur africain (plutôt à partir de la partie australe du continent) est donc plus que vraisemblable [7, 8]. Quant aux Lumbees, il apparaît désormais acquis qu’ils appartiennent à une communauté beaucoup plus métissée que ce que l’on avait imaginé, avec une contribution non négligeable d’individus d’origine africaine. D’ailleurs, et pour cette même raison, cette communauté lutte en vain depuis des décennies pour obtenir du Congrès américain l’intégralité du statut de tribu amérindienne, avec à la clé, beaucoup plus de privilèges qu’elle n’en a actuellement.

Maladie de Pompe et effet fondateur

Un autre succès réside dans la saga africaine de la glycogénose musculaire de type II (maladie de Pompe) [9]. Cette pathologie, bien que rare, existe sous forme de cluster en Guyane française. Elle touche préférentiellement la communauté dite des « Noirs marrons » (des descendants d’esclaves ayant fui les plantations sucrières) installée le long du fleuve Maroni, et tout particulièrement les nourrissons atteints de la forme à début très précoce, rapidement mortelle en l’absence de traitement. Une des mutations retrouvées en grand nombre chez ces enfants est clairement d’origine africaine, et plus précisément elle a pour point de départ les pays limitrophes du golfe de Guinée. On la retrouve aussi chez certains patients afro-américains, laissant penser qu’elle a suivi les routes de la traite négrière. Des analyses génétiques récentes réalisées à partir d’échantillons prélevés au Bénin vont dans le sens de l’effet fondateur déjà évoqué par d’autres auteurs. Ceci permettra une meilleure détection de ces cas dans la sous-région et une amélioration du conseil génétique dans les familles touchées.

thumbnail

L’Afrique est le continent avec plus fort potentiel démographique pour les cinquante prochaines années. (DR)

thumbnail

Myocaravane, Cotonou, Bénin, mai 2025. 1 : Une bibliothèque communautaire transformée pour la circonstance en salle de consultations et de prélèvements. 2 : Consultation médicale avec deux frères atteints d’amyotrophie spinale (SMA) et leur mère. 3 : Consultation neuropédiatrique avec le professeur Kumaran Deiva. 4 : Ghislain N’Dah-Sekou (en bleu) et l’équipe de Marius Adjagba (à droite) chargée de l’extraction d’ADN. 5 : Participants français et béninois à la Myocaravane. (DR)

SMA et Afrique Noire

Si la SMA était connue depuis bien longtemps comme très prévalente au Maghreb, peu de données existaient concernant les populations sub-sahariennes [10]. Des chercheurs américains et maliens avaient même émis l’hypothèse que cette pathologie serait très rare dans cette partie du continent du fait d’un faible nombre d’hétérozygotes [11]. Notre propre expérience acquise ces dernières années sur le terrain (au Sénégal, en Guinée, au Bénin et au Congo en particulier) a permis de démontrer au moins deux choses. La SMA liée au gène SMN1 (survival motor neuron 1) est en fait une pathologie fréquente en Afrique noire et elle est vraisemblablement sous-diagnostiquée pour de multiples raisons, à commencer par les difficultés d’accès au test génétique de confirmation. Deuxième constat, le génotype des gènes SMN1 et SMN2 dans ces populations est distinct de celui observé dans le reste de la population mondiale. On observe en effet chez les parents africains d’enfants atteints de SMA, un taux anormalement élevé de porteurs dits « silencieux » (dits aussi 2-0) car ayant en cis deux copies du gène SMN1 sur le même chromosome 5q. Ils seraient près de 10 % dans ce cas en Afrique sub-saharienne (contre 1 à 2 % dans les populations caucasiennes) [12]. On notera que cette caractéristique singulière rend plus difficile l’hypothétique dépistage des hétérozygotes dans ces zones géographiques tout comme elle complique déjà le conseil génétique pour ces mêmes populations.

Myologie Sans Frontières

Myologie Sans Frontières (Myo-SF) est une organisation non gouvernementale (ONG) à vocation humanitaire créée en 2023 et dédiée à la promotion de cette discipline à l’intérieur et à l’extérieur de l’Hexagone, en particulier dans les pays à faibles revenus. Les zones prioritaires ciblées par les différents programmes en cours sont situées en Afrique (Afrique du Nord et Afrique subsaharienne francophone) et au Proche-Orient (Liban), sans oublier l’Amérique latine. Il s’agit pour l’essentiel de missions d’enseignement et d’aide au diagnostic (formations et/ou consultations à distance ou sur place) et d’actions de réseautage (réunions mensuelles de concertation pluridisciplinaire panafricaine de myologie, co-organisation ou sponsoring de congrès). Des actions de lobbying pour rendre plus facile l’accès aux médicaments onéreux pour les familles sans ressources de ces pays font également partie des objectifs de l’ONG. En 2023, Myo-SF a obtenu un grant éducationnel de la part du laboratoire pharmaceutique Pfizer afin de mieux faire connaître la myopathie de Duchenne en Afrique, tant au niveau des professionnels de santé que du grand public (projet Africamyo-DMD). L’association reçoit également les dons des particuliers (contact : andoni.urtizberea@gmail.com)

Associations de patients : des moyens limités mais de l’énergie à revendre

On ne saurait clore ce tour d’horizon sans citer un autre facteur déterminant de l’effervescence actuelle en matière de myologie en Afrique, à savoir le rôle très positif des associations de patients neuromusculaires. Qu’il s’agisse de l’association Taxawuma Assistance Handicap au Sénégal, de l’association Aux Pas du Cœur en Côte d’Ivoire, de la Fondation FITIMA en Guinée et au Burkina-Faso, ou de l’association Nord-Niger-Santé (NNS) dans le pays éponyme, et de bien d’autres encore, au Maghreb et ailleurs, le dynamisme, l’énergie, et l’inventivité sont au rendez-vous. Tous ces groupes travaillent de plus en plus souvent avec les professionnels de santé locaux, avec comme objectif l’amélioration de la prise en charge médicale et chirurgicale des patients, ce qui est de bon augure pour la suite. La myologie africaine est promise à un bel avenir !

Remerciements

Aux participants français à la première Myocaravane organisée au Bénin : Kumaran Deiva, Clément Pierret, Isabelle Bossard, Claire Berardi, Valentine Delmere, Floriane Dupont (avec une mention spéciale pour la prise de nombreuses photos illustrant le présent article).

À l’équipe chargée de la banque régionale d’ADN à Cotonou : Marius Adjagba et collaborateurs.

Aux participants à la mission Guinée-Conakry : Karinka Diawara, Male Doré, Souleymane Diallo, Courtney Baldridge, Hawa Drawé et ses collaborateurs de l’Institut supérieur de rééducation (ISR).

Aux collaborateurs de la mission Congo RDC : André Lumaka, Gerry Mubungu, Jocelyn Nonga.

Aux équipes et professionnels ivoiriens impliqués en myologie : Yaya Kamissoko, Amoro Koneman-Mansou, Evelyne Diarra, Berthe Assi, Madeleine Folquet et al.

Aux équipes et professionnels maghrébins impliquées en myologie : Ilhem Ben Turki, Emna Ferhat, Kaoutar Khabbache, Abderhamane Chahidi, Nisrline Louhab, Silhem Hallal et al.

Aux équipes françaises de généticiens impliquées dans des études moléculaires à visée diagnostique : Séverine Drunat, Juliette Nectoux, Camille Verebi, ainsi que leurs techniciens respectifs.

Aux représentants d’associations de patients africains et des ONG humanitaires impliquées dans la sous-région : Brahim Ndiaye (Sénégal), Akli Aknine (Algérie), Hicham Bazzy (Maroc), Rose Okama (Côte d’Ivoire) et al., Serge Boutin (Niger).

Et de manière générale, à toutes les personnes participant aux réunions de concertation pluridisciplinaire panafricaines de myologie.

Liens d’intérêt

Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt concernant les données publiées dans cet article.

Références

  1. Ben Hamida M, Attia N, Chabouni H, et al. Une myopathie proximale et sévère de l’enfance récessive autosomique, fréquente en Tunisie. Rev Neurol 1983 ; 139 (4) : 289–297. [Google Scholar]
  2. Yalcouyé A, Esoh K, Landouré G, et al. Current profile of Charcot-Marie-Tooth disease in Africa: A systematic review. J Peripher Nerv Syst 2022 ; 27 (2) : 100–112. [Google Scholar]
  3. Maroufou Alao J. ROAMY : l’expérience de quatre pays d’un jeune réseau d’Afrique de l’Ouest. Med Sci 2013 ; 8 : 38–29. [Google Scholar]
  4. Kamga KK, Marlyse PF, Nguefack S, et al. Advancing genetic services in African healthcare: Challenges, opportunities, and strategic insights from a scoping review. HGG Adv 2025 ; 6 (3) : 100439. [Google Scholar]
  5. Stamm DS, Aylsworth AS, Stajich JM, et al. Native American myopathy: congenital myopathy with cleft palate, skeletal anomalies, and susceptibility to malignant hyperthermia. Am J Med Genet A 2008 ; 146A (14) : 1832–1841. [Google Scholar]
  6. Horstick EJ, Linsley JW, Dowling JJ, et al. Stac3 is a component of the excitation-contraction coupling machinery and mutated in Native American myopathy. Nat Commun 2013 ; 4 : 1952. [Google Scholar]
  7. Schoonen M, Fassad M, Patel K, et al. Biallelic variants in RYR1 and STAC3 are predominant causes of King-Denborough Syndrome in an African cohort. Eur J Hum Genet, 2025 ; 33 (4) : 421–431. [Google Scholar]
  8. Essop F, Dillon B, Mhlongo F, Bhengu L, et al. STAC3 disorder: a common cause of congenital hypotonia in Southern African patients. Eur J Hum Genet. 2025 ; 33 (1) : 14–23. [Google Scholar]
  9. Elenga N, Verloes A, Mrsic Y, et al. Incidence of infantile Pompe disease in the Maroon population of French Guiana. BMJ Paediatr Open 2018 ; 2 (1) : e000182. [Google Scholar]
  10. Quansah E, Karikari TK. Motor neuron diseases in sub-Saharan Africa: The Need for More Population-Based Studies. Biomed Res Int 2015 ; 2015 : 298409. [Google Scholar]
  11. Sangaré M, Hendrickson B, Sango HA, et al. Genetics of low spinal muscular atrophy carrier frequency in sub-Saharan Africa. Ann Neurol, 2014 ; 75 (4) : 525–532. [Google Scholar]
  12. Chen X, Sanchis-Juan A, French CE, et al. Spinal muscular atrophy diagnosis and carrier screening from genome sequencing data. Genet Med 2020 ; 22 (2) : 945–953. [Google Scholar]

Liste des figures

thumbnail

La myologie africaine est aussi au croisement de plusieurs spécialités médicales. (DR)

Dans le texte
thumbnail

Journée de formation « dystrophinopathies » à Cotonou, au Bénin, en novembre 2024. (DR)

Dans le texte
thumbnail

L’Afrique est le continent avec plus fort potentiel démographique pour les cinquante prochaines années. (DR)

Dans le texte
thumbnail

Myocaravane, Cotonou, Bénin, mai 2025. 1 : Une bibliothèque communautaire transformée pour la circonstance en salle de consultations et de prélèvements. 2 : Consultation médicale avec deux frères atteints d’amyotrophie spinale (SMA) et leur mère. 3 : Consultation neuropédiatrique avec le professeur Kumaran Deiva. 4 : Ghislain N’Dah-Sekou (en bleu) et l’équipe de Marius Adjagba (à droite) chargée de l’extraction d’ADN. 5 : Participants français et béninois à la Myocaravane. (DR)

Dans le texte

Current usage metrics show cumulative count of Article Views (full-text article views including HTML views, PDF and ePub downloads, according to the available data) and Abstracts Views on Vision4Press platform.

Data correspond to usage on the plateform after 2015. The current usage metrics is available 48-96 hours after online publication and is updated daily on week days.

Initial download of the metrics may take a while.