Free Access
Issue
Med Sci (Paris)
Volume 34, Novembre 2018
Les Cahiers de Myologie
Page(s) 42 - 43
Section Lu pour Vous
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/201834s212
Published online 12 November 2018

Résumé

A l’ere des therapies geniques et de la medecine personnalisee, l’importance du diagnostic moleculaire et de l’identification des variants est evidente. La sequence d’ADN du gene de la dystrophine (2,4 Mb et 79 exons avec un mARN de 14 kb) represente un materiel ou il est parfois difficile de depister une anomalie chez un patient atteint de dystrophie musculaire de Duchenne (DMD). Parmi les differentes isoformes possibles de dystrophine, la forme Dp427M est exprimee au niveau du muscle squelettique et du muscle lisse, mais egalement dans les cellules gliales du cerveau de maniere minoritaire et dans les cellules de la peau.

Dans le travail presente ici [1] les auteurs proposent de pratiquer des biopsies cutanees avec mise en culture afin d’eviter la biopsie musculaire. Il apparait que la Dp427M est exprimee de maniere plus robuste dans les melanocytes que dans les fibroblastes. Deuxiemement, les variants pathogenes du gene DMD peuvent etre clairement identifies a l’aide d’ARN extrait de melanocytes en culture.

La plupart des protocoles a visee diagnostique de la DMD reposent sur la detection de variants au niveau de l’ADN genomique des lymphocytes sanguins. Ces methodes ne permettent pas de determiner l’effet des variations introniques et/ou de petite taille au niveau de la transcription.

La biopsie de peau, par definition moins invasive et mieux toleree car plus superficielle, a fait la preuve, chez 5 enfants DMD confirmee en biologie moleculaire, de sa superiorite par rapport a la biopsie musculaire, et ce y compris en termes de cout. Elle pourrait representer une alternative facilement realisable dans une clinique mobile ou dans un simple cabinet de consultation.

Commentaire

L’existence de nombreuses isoformes de la dystrophine au locus Xp21 a toujours rendu delicate l’analyse du role et de la fonction du gene DMD dans les differents tissus. En 1995 deja, un dysfonctionnement de l’activite cutanee sympathique palmaire chez un patient atteint de dystrophinopathie, avait laisse penser que l’absence de dystrophine pouvait en etre responsable [2]. Il sera ensuite bien etabli que la dystrophine n’etait pas seulement presente au niveau de la membrane du muscle, mais qu’elle etait aussi decelable au sein de fibroblastes mis en culture. La biopsie cutanee a alors ete presentee comme un autre moyen alternatif de verifier le deficit en dystrophine [3] meme si le delai lie a la culture (2 a 3 semaines en moyenne) etait de nature a retarder le rendu du resultat. Par ailleurs, l’avantage de ce type d’approche sera surtout le fait d’en reveler l’existence, et d’obtenir, dans des cas tres precis et donc rares, une alternative pour depister des variants pathogenes du gene DMD dont les analyses de routine n’auraient pas permis la detection.

Le present travail confirme l’utilite de la biopsie cutanee comme une approche alternative au diagnostic moleculaire de la DMD.

Liens d’intérêt

L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’interêt concernant les données publiées dans cet article.

Références

  1. Tyers L, Davids LM, Wilmshurst JM, Esterhuizen AI. Skin cells for use in an alternate diagnostic method for Duchenne muscular dystrophy. Neuromuscul Disord 2018 May 10 (sous presse). [Google Scholar]
  2. Marcello N Baratti M Ortaggio F et al. Sympathetic skin response in patients with Duchenne muscular dystrophy. Electromyogr Clin Neurophysiol 1995 ; 35 : 387–395. [PubMed] [Google Scholar]
  3. Niiyama T Higuchi I Sakoda S et al. Diagnosis of dystrophinopathy by skin biopsy. Muscle Nerve 2002 ; 25 : 398–401. [CrossRef] [PubMed] [Google Scholar]

© 2018 médecine/sciences – Inserm

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