Open Access
Numéro
Med Sci (Paris)
Volume 41, Numéro 12, Décembre 2025
La santé des femmes : au-delà de la procréation
Page(s) 1046 - 1053
Section Écarts des dépenses de santé liées au genre
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/2025233
Publié en ligne 6 janvier 2026

© 2025 médecine/sciences – Inserm

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Les dépenses de santé sont souvent étudiées en tant qu’indicateur du coût de la santé, une préoccupation majeure étant que ces dépenses augmentent au fil du temps plus rapidement que le revenu national [1-4] (). Au-delà des aspects macro-économiques, les dépenses de santé engagées par les individus au cours de la vie sont le reflet de nombreux facteurs qui expliquent les comportements des femmes et des hommes en matière d’accès aux soins. L’état de santé et les besoins de soins biologiques ou spécifiques constituent, bien entendu, des déterminants prépondérants des dépenses. Mais la situation économique et sociale, les inégalités qui en découlent, les préférences individuelles en matière de santé et de risques ainsi que les normes sociales genrées, sont également des facteurs essentiels expliquant des différences de recours aux soins et de dépenses de santé entre les femmes et les hommes. En ce qui concerne la santé et la mortalité, il est établi que les femmes ont, en moyenne, une espérance de vie plus longue que les hommes, mais cette longévité accrue s’accompagne souvent de limitations fonctionnelles et de difficultés dans les activités quotidiennes [5-8]. Alors que les hommes sont plus fréquemment atteints de maladies associées à un risque vital élevé (maladies cardiaques, cancers, lésions traumatiques), les femmes souffrent davantage de troubles psychiques et de maladies ostéo-articulaires [9-11]. Cet article propose une revue de la littérature sur les différences de dépenses de santé et de recours aux soins entre les femmes et les hommes aux différents âges de la vie, en distinguant les dépenses associées aux soins de ville de celles qui concernent une hospitalisation. Les différences de dépenses sont analysées sous l’angle des comportements sociaux et économiques – notamment des effets de genre – au-delà des besoins de soins spécifiques.

(→) Voir m/s n° 2, 2016, page 204

(→) Voir m/s n° 5, 2024, page 395

Des dépenses de soins de ville plus élevées pour les femmes jusqu’à environ 60 ans

À partir des données françaises sur la consommation de soins présentée au remboursement du système public d’assurance maladie en 20181, nous montrons que la dépense de santé totale des femmes – qui comprend les dépenses de soins de ville et d’hospitalisation en dehors du champ médico-social2 – est en moyenne supérieure à celle des hommes entre 20 et 50 ans (Figure 1). Après 60 ans, la dépense de santé des hommes est supérieure à celle des femmes. Plus précisément, les dépenses de soins de ville des femmes sont supérieures à celles des hommes jusqu’à environ 60 ans (Figure 2). Entre 31 et 40 ans, par exemple, la dépense des femmes en soins de ville est en moyenne 1,6 fois supérieure à celle des hommes (1 263 € pour les femmes contre 786 € pour les hommes). Entre 71 et 80 ans, cette dépense est légèrement supérieure pour les hommes (1,1 fois plus élevée que celle des femmes). Les dépenses hospitalières sont, quant à elles, significativement plus importantes pour les femmes entre 20 ans et 40 ans, et largement supérieures pour les hommes après 60 ans (Figure 3). Bien qu’il ne soit pas possible d’analyser les trajectoires individuelles des dépenses de santé au cours du cycle de vie avec des données transversales, qui décrivent une situation à une année donnée (contrairement à une étude de cohorte), ces résultats suggèrent que les dépenses plus élevées des femmes en soins de ville s’observent sur une période plus longue de la vie que ne le sont les dépenses hospitalières.

thumbnail Figure 1

Dépenses de santé en 2018, par âge et sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses de soins de ville et d’hospitalisations (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente la dépense de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense de santé des hommes entre 31 et 40 ans s’élève en moyenne à 1 338 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Plus de soins de ville pour les femmes, indépendamment de leur état de santé…

Globalement, une dépense de soins de ville plus élevée pour les femmes est souvent observée dans la littérature, en France et à l’international. Ce différentiel s’observe même lorsqu’on contrôle l’état de santé global et les besoins de soins tels qu’ils apparaissent dans les données mobilisées [3,10,12-17]. Les indicateurs les plus utilisés dans la littérature sont ceux de la santé perçue, de l’existence de limitations fonctionnelles et de maladies chroniques – qui sont reconnus comme étant les principaux indicateurs synthétiques relatifs à la morbidité - ou encore, dans le cas français, le fait de bénéficier du dispositif d’affection de longue durée (ALD) et, éventuellement, du type d’ALD. Mais le recours aux soins, particulièrement aux soins de ville, ne peut pas être appréhendé exclusivement à travers des indicateurs globaux de besoins de soins, qui, le plus souvent, identifient les besoins les plus graves et/ou chroniques. Le recours aux soins de ville relève en effet de nombreux autres facteurs inobservables, notamment lorsqu’il s’agit de répondre à des besoins de soins précoces ou de surveiller sa santé dans un cadre préventif.

… et de leurs besoins gynécologiques et obstétriques

La dépense plus élevée en soins de ville chez les femmes s’observe également en dehors des besoins de soins associés au suivi gynécologique et obstétrique. Montaut [14] montre que les femmes déclarent recourir plus souvent à des médecins spécialistes, même en excluant les gynécologues. L’étude suédoise de Osika Friberg et al. [13] montre que le différentiel des dépenses de santé entre les femmes et les hommes se réduit de moitié lorsqu’on exclut celles liées à la reproduction et aux appareils génitaux, mais que les dépenses de soins de ville restent en moyenne plus élevées chez les femmes. À partir des données françaises, une fois exclues les dépenses associées à la grossesse, à la contraception, aux interruptions volontaires de grossesse, aux traitements de l’infertilité, ainsi qu’aux consultations et actes réalisés par les gynécologues et les sages-femmes, nous montrons que la dépense de soins de ville des femmes reste significativement supérieure à celle des hommes au cours de la première période de la vie, jusqu’à 60 ans (Figure 2).

thumbnail Figure 2

Dépenses de santé en soins de ville en 2018, par âge et par sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses de soins de ville (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente les dépenses de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense de soins de ville des hommes âgés de 31 à 40 ans s’élève en moyenne à 786 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Pour autant, au-delà de ces dépenses spécifiques pouvant être identifiées dans les bases de données médico-administratives, le surplus de consommation de soins de ville des femmes durant la première tranche de vie peut aussi refléter, en partie, des besoins de soins connexes à leur santé gynécologique. Cela peut être le cas des besoins de soins bucco-dentaires des femmes enceintes [18], bien qu’il s’avère, dans la littérature, que leur recours à ce type de soin n’est pas supérieur à celui des autres femmes [19, 20]. Cela peut également être le cas des besoins de soins associés à un éventuel diabète gestationnel, à des maladies vasculaires, à la ménopause, etc. La surveillance accrue des femmes du fait de leurs besoins de soins gynécologiques et obstétriques peut également conduire à révéler des problèmes de santé connexes à leur santé gynécologique qui étaient jusqu’alors non identifiés.

Un recours aux soins de ville plus fréquent pour les femmes, mais moins coûteux

La dépense de santé se compose de différents éléments – comme la probabilité de recourir aux soins, le nombre de recours et le montant de la dépense par recours – qui permettent de mieux appréhender le recours aux soins des femmes et des hommes. Indépendamment de l’âge, les femmes ont une plus forte probabilité de recourir aux soins de ville au moins une fois dans l’année, en particulier en ce qui concerne la pharmacie [3, 12], les consultations médicales et les soins dentaires [21]. Le nombre de recours aux soins de ville (ou la fréquence des recours) est également plus élevé pour les femmes, notamment pour les consultations médicales et les médicaments [12]. En revanche, la dépense de soins de ville par recours est souvent plus faible pour les femmes [12, 13]. Cela traduit le fait que les femmes recourent à des soins dont les prix sont moins élevés que ceux auxquels les hommes recourent. Ce différentiel existe indépendamment des revenus, qui contribuent à la formation des inégalités sociales de recours aux soins [12]. La dépense par recours plus élevée chez les hommes peut ainsi refléter des différences d’état de santé ou de gravité d’état de santé entre les femmes et les hommes au moment du recours, en supposant que le prix des soins soit corrélé avec le niveau de technicité et de complexité médicales qui motivent les consultations. Les travaux de Hoff et al. montrent par exemple qu’entre 50 et 70 ans, le recours aux soins de ville augmente davantage chez les hommes après un choc de santé tel qu’une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral non létal [22]. Une dépense par recours plus élevée peut également traduire des différences dans l’organisation des recours aux soins, notamment en ce qui concerne la prise de rendez-vous médicaux (anticipation des rendez-vous, temps passé à chercher un rendez-vous, etc.). À besoin de soins donné, le recours à des professionnels de santé pratiquant une tarification plus élevée peut permettre, par exemple, d’accéder plus rapidement à ces professionnels.

Des dépenses hospitalières plus élevées pour les hommes aux âges avancés

À partir des données françaises, nous montrons qu’en 2018, les dépenses associées aux soins gynécologiques et obstétriques des femmes expliquent leur plus grande dépense hospitalière entre 20 et 40 ans (Figure 3). En dehors de ces postes de soins spécifiques, les dépenses hospitalières des hommes sont supérieures à celles des femmes après 60 ans. Entre 71 et 80 ans par exemple, la dépense hospitalière des hommes est en moyenne 1,3 fois supérieure à celle des femmes (3 161 € pour les hommes contre 2 477 € pour les femmes). Ces écarts, qui varient selon l’âge, s’expliquent par les différences de profils des maladies. Les indicateurs de maladies et de morbidité usuellement mobilisés dans les analyses (en France et à l’international) expliquent en effet plus facilement les dépenses d’hospitalisation que les dépenses de soins de ville, pour lesquelles les besoins ne dépendent pas uniquement de maladies spécifiques. Ainsi, indépendamment des indicateurs de maladies, les dépenses hospitalières des hommes ne sont pas nécessairement significativement plus élevées que celles des femmes [17, 23-25]. Les hommes sont en effet plus souvent atteints de maladies générant des soins hospitaliers (maladies cardiovasculaires, maladies pulmonaires, cancers, insuffisance rénale chronique, etc.) [10, 26].

thumbnail Figure 3

Dépenses de santé en soins hospitaliers en 2018, par âge et par sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses d’hospitalisations (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente les dépenses de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense hospitalière des hommes âgés de 61 à 70 ans s’élève en moyenne à 2 156 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Les dépenses de santé croissantes aux âges avancés ont fait l’objet de nombreux travaux. Un pan important de la littérature a cherché à étudier dans quelle mesure le vieillissement de la population contribuait à expliquer l’évolution tendancielle à la hausse des dépenses de santé. La proximité à la mort (souvent approchée dans les données par la ou les dernières années de vie), plutôt que le vieillissement en tant que tel, a souvent été montré comme un déterminant important des dépenses de santé individuelles [27, 28]. Dormont et Huber [23] montrent que la dynamique des dépenses de santé résulte en fait essentiellement des changements de pratiques au sens large – qui incluent le progrès technique médical et les pratiques médicales, et non des changements démographiques de la population. Cette littérature questionne relativement peu les évolutions temporelles des dépenses de santé selon le sexe. Seshamani et Gray [25] montrent toutefois que, à âge égal, les dépenses hospitalières en fin de vie des hommes semblent avoir augmenté plus rapidement au cours du temps que celles des femmes.

Moins de comportements à risque chez les femmes

Les comportements à risque des femmes et des hommes en matière de santé, notamment en ce qui concerne la consommation d’alcool et de tabac, ont été largement étudiés, comme le rapporte la littérature. Dans tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les femmes fument moins et consomment moins d’alcool que les hommes. Le taux de consommation d’alcool au cours des douze derniers mois se situe par exemple à environ 90 % chez les hommes, dans la plupart des pays. Chez les femmes, il est en moyenne inférieur et plus variable selon les pays [29, 30]. La consommation excessive d’alcool concerne également plus fréquemment les hommes [31]. Le tabagisme, qui est plus répandu en France que dans les autres pays de l’OCDE, reste également plus fréquent chez les hommes, bien que l’écart se réduise avec le temps [32-34]. Par ailleurs, les femmes déclarent plus souvent faire attention à leur alimentation [10], notamment en ce qui concerne la consommation quotidienne de fruits et de légumes [14, 34]. Elles sont moins souvent en surpoids, même si la situation d’obésité est, selon les pays, tout aussi fréquente chez les deux sexes [35-38]. Les jeunes hommes sont, par ailleurs, beaucoup plus enclins que les femmes à déclarer un accident de loisirs ou de la circulation au cours des douze derniers mois [39].

Un recours à la prévention un peu plus fréquent chez les femmes, malgré une plus forte réticence à la vaccination

Le recours aux soins dentaires préventifs est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, chez lesquels il est plus souvent lié à des urgences [21, 40, 41]. La surveillance accrue des femmes dans le cadre du suivi de leur santé gynécologique et obstétrique les conduit par ailleurs de facto à effectuer régulièrement des dépistages (mammographies, frottis cervico-utérin, analyses de sang, etc.). La couverture vaccinale contre les infections sexuellement transmissibles est également plus fréquente chez les femmes. En 2023 en France, 64 % des femmes âgées de 15 à 29 ans sont vaccinées contre l’hépatite B, contre 53 % des hommes du même âge [42]. En 2024, 48 % des jeunes femmes de 16 ans avaient un schéma vaccinal complet de 2 doses contre le papillomavirus, contre 24 % des hommes du même âge [43, 44] – ces taux étant bien plus élevés dans d’autres pays (Espagne, Royaume-Uni, Australie, pays nordiques). Pour autant, de nombreux travaux mettent en évidence une plus forte réticence des femmes à l’égard de la vaccination [45], du fait notamment de craintes plus vives concernant les effets secondaires potentiels. Cela a été également le cas pour les intentions de vaccination contre la COVID-19 [46-49], même s’il s’avère que, fin 2022, les Françaises avaient plus souvent réalisé un schéma vaccinal complet contre la COVID-19 que les Français [47]. En France, tout comme en Italie, en Espagne et au Portugal, la couverture vaccinale contre la grippe est plus faible chez les femmes. Ce constat n’est toutefois pas observé dans tous les pays européens [50]. De même, si en France les femmes recourent légèrement plus souvent que les hommes au dépistage du cancer colorectal avant 60 ans, cela n’est pas le cas aux âges les plus avancés [51, 52]. La littérature internationale montre que ce dépistage est en effet globalement moins fréquent chez les femmes que chez les hommes [53, 54]. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce résultat, y compris le fait que ce cancer soit collectivement perçu comme étant une maladie plus fréquemment masculine.

Effets de genre, préférences et normes sociales

Des normes sociales genrées en matière de santé

Les différences entre les femmes et les hommes en matière de comportements à risque et de recours aux soins curatifs et préventifs peuvent refléter des préférences individuelles en matière de santé, mais aussi – et plus largement – des normes sociales genrées [26, 55-60]. Le champ de la santé n’échappe pas aux normes sociales traditionnellement ancrées dans une logique de domination masculine et de règles patriarcales [26]. La consommation d’alcool et de tabac par les femmes fait l’objet d’une plus grande réprobation sociale [61]. Les femmes sont par ailleurs plus fréquemment incitées à prêter attention à leur santé et à leur corps [62, 63]. Les normes sociales genrées contribuent ainsi à expliquer pourquoi les femmes déclarent plus fréquemment une mauvaise santé perçue que les hommes [55, 56]. Les attentes sociales concernant le rôle de « prendre soin » assigné aux femmes les incitent à assumer ce rôle [59]. Les femmes sont en effet surreprésentées dans le travail de soins et dans l’aide apportée à un proche en perte d’autonomie [64-66] (). Elles sont également plus souvent concernées par les problèmes de charge mentale [67, 68]. Enfin, la prise de contraceptifs repose essentiellement sur les femmes, notamment en France, où la contraception masculine est moins utilisée que dans d’autres pays [69].

(→) Voir m/s n° 12, 2020, page 1188

Des stéréotypes de genre dans la prise en charge des patients

Les stéréotypes de genre impactent également les pratiques des professionnels de santé. D’une part, les maladies plus souvent associées aux femmes peuvent être sous-identifiées ou diagnostiquées tardivement chez les hommes (et inversement) [70-75] (). C’est le cas, par exemple, de l’ostéoporose, qui est considérée comme une maladie féminine ou, à l’inverse, de l’infarctus du myocarde. La reconnaissance de l’autisme peut également être sous-estimée chez les filles, leurs symptômes pouvant être associés à des comportements genrés considérés comme « normaux » (isolement, calme, etc.) [73]. D’autre part, la prise en charge d’une maladie peut être influencée par les attentes sociales genrées, par exemple en matière de dépendance à l’alcool [76]. Enfin, l’expression de la douleur par les patients, influencée elle aussi par les représentations sociales liées au genre, peut être entendue et traitée différemment par les professionnels de santé, selon le sexe du patient [77, 78].

(→) Voir m/s n° 6-7, 2019, page 565

Les inégalités sociales de recours aux soins semblent en apparence moins fortes chez les femmes

La situation économique et sociale est un déterminant majeur de l’état de santé et du recours aux soins des individus. Le revenu, mais aussi les configurations familiales, la situation résidentielle, le statut socioprofessionnel et les conditions de travail sont autant de facteurs concourant à la formation d’inégalités sociales de santé et de recours aux soins. Or, les femmes sont plus souvent concernées par des situations de précarité que les hommes. Un tiers des familles monoparentales, le plus souvent des mères seules, vit sous le seuil de pauvreté [79]. Les emplois qu’elles occupent sont par ailleurs plus souvent peu qualifiés3. Le rôle des mères dans l’éducation des enfants les contraint plus souvent au travail à temps partiel et les expose au risque de retrait du marché du travail [83]. Les inégalités salariales auxquelles elles font face, à situation d’emploi identique, renforcent le moindre coût d’opportunité visà-vis du travail domestique pour les femmes. Du fait de leur plus grande longévité, les femmes vivent également plus souvent seules aux âges les plus avancés.

Pour autant, les femmes recourent plus souvent aux soins de ville et aux soins de prévention, pour lesquels les inégalités sociales de recours aux soins sont particulièrement marquées. Les inégalités sociales de santé sont en effet communément décrites dans la littérature comme étant moins fortes chez les femmes que chez les hommes. C’est le cas en ce qui concerne la mortalité [84, 85]. Les inégalités sociales de couverture par une complémentaire santé sont également moins prononcées en France chez les femmes que chez les hommes : en 2019, 20 % des hommes au chômage ne sont pas couverts par une complémentaire santé contre 8 % des femmes au chômage [86]. C’est également le cas de 8 % des hommes vivants en famille monoparentale contre moins de 4 % des femmes dans la même situation (les hommes et les femmes en couple étaient 3 % à ne pas être couverts par une complémentaire santé). En contrôlant les différences de couverture par une complémentaire santé et les caractéristiques sociales, les femmes ne déclarent pas plus souvent que les hommes renoncer à des soins en cas de besoin [87].

La situation en matière d’inégalités sociales de santé et de recours aux soins entre les femmes et les hommes est en réalité plus complexe. D’une part, on observe une recrudescence des inégalités sociales de santé au sein de la population féminine, comme cela est le cas pour l’espérance de vie, notamment en France [88]. D’autre part, les indicateurs usuellement mobilisés dans les études et la statistique publique pour décrire les inégalités de santé ne permettent pas de qualifier pleinement les situations vécues par les femmes [84, 89]. Par exemple, le dispositif des affections de longue durée, qui à partir de 60 ans concerne plus fréquemment les hommes (Figure 4), capte mal les problèmes de santé associés à la comorbidité, plus souvent observés chez les femmes [90]. L’existence d’inégalités sociales soutenues parmi les femmes s’observe ainsi plus fréquemment via des indicateurs de santé perçue [10, 84].

thumbnail Figure 4

Taux de bénéficiaires du dispositif affections de longue durée, en 2018, par âge et sexe. Lecture : Entre 61 et 70 ans, 40 % des hommes bénéficient du dispositif d’affections de longue durée en 2018, contre 30 % des femmes. Source : DREES, EDP-Santé 2018 : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Discussion – Dépenses de santé, capital santé et restes à charge

La dépense de soins de ville plus élevée des femmes durant une longue période de la vie, associée à un recours plus soutenu aux actes de prévention, semble indiquer que les femmes investissent plus dans leur santé que ne le font les hommes. Au-delà du recours à des actes de prévention, le surplus des dépenses de soins de ville des femmes peut aussi traduire un recours rapide à des soins curatifs lorsqu’un besoin de soins survient, permettant de limiter les conséquences néfastes futures associées à un état de santé plus dégradé. Bien qu’il ne soit pas possible de le confirmer avec les travaux existants, l’investissement plus soutenu des femmes dans leur santé peut contribuer à préserver plus longtemps ce que les économistes appellent « le capital santé » et à expliquer des dépenses hospitalières plus faibles aux âges les plus avancés [91, 92].

Ces résultats questionnent en creux le montant des dépenses de santé qui restent à la charge des patients après la prise en charge par les assurances publiques et privées, montant qui semble être dans les faits plus important pour les femmes [93, 94]. D’une part, dans la majorité des pays de l’OCDE, les dépenses de soins de ville sont moins bien couvertes par la Sécurité sociale ou les assurances publiques que ne le sont les dépenses hospitalières. D’autre part, les besoins de soins gynécologiques et obstétriques des femmes contribuent à augmenter leur reste à charge. Les dépenses de santé restant à la charge des patientes pourraient également être accrues par le fait que les données disponibles au niveau national permettent uniquement d’observer les postes de soins qui sont pris en charge, au moins en partie, par la Sécurité sociale. Or, certains postes de soins non couverts par l’assurance publique concernent plus souvent les femmes. C’est le cas, par exemple, dans le champ de la santé mentale, avec les consultations de psychologues [95]. L’espérance de vie et la proportion de personnes en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) étant sensiblement différentes entre les hommes et les femmes, il serait également intéressant de s’intéresser aux dépenses de santé médico-sociales. Une telle analyse serait toutefois plus complexe, compte tenu du large coût monétaire et social, le plus souvent inobservé, supporté par les aidants [64].

Liens d’intérêt

Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt concernant les données publiées dans cet article.

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1

L’année 2018 est l’année la plus récente qu’il a été possible de mobiliser dans les bases de l’EDP-Santé (Drees, Insee, Cnam) en dehors de la surmortalité des années 2020 et 2021 en raison de la crise sanitaire de la Covid-19.

2

Le secteur médico-social en France couvre un large éventail d’activités liées à la santé, au bien-être et à l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité ou de handicap (ndlr).

3

Les emplois occupés par les femmes les exposent à davantage de risques psychosociaux et à des troubles musculosquelettiques [80, 81]. Les hommes sont quant à eux plus souvent concernés par des risques professionnels de séquelles physiques [82].

Liste des figures

thumbnail Figure 1

Dépenses de santé en 2018, par âge et sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses de soins de ville et d’hospitalisations (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente la dépense de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense de santé des hommes entre 31 et 40 ans s’élève en moyenne à 1 338 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Dans le texte
thumbnail Figure 2

Dépenses de santé en soins de ville en 2018, par âge et par sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses de soins de ville (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente les dépenses de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense de soins de ville des hommes âgés de 31 à 40 ans s’élève en moyenne à 786 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Dans le texte
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Dépenses de santé en soins hospitaliers en 2018, par âge et par sexe. Les dépenses de santé englobent les dépenses d’hospitalisations (hors champ médico-social) présentées au remboursement de la Sécurité sociale. La ligne en pointillés représente les dépenses de santé des femmes après retranchement des montants liés à la grossesse, à la contraception, à la gynécologie, aux sage-femmes, aux interruptions volontaires de grossesse et aux traitements de l’infertilité. Lecture : La dépense hospitalière des hommes âgés de 61 à 70 ans s’élève en moyenne à 2 156 euros en 2018. Source : EDP-Santé 2018 (DREES) : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

Dans le texte
thumbnail Figure 4

Taux de bénéficiaires du dispositif affections de longue durée, en 2018, par âge et sexe. Lecture : Entre 61 et 70 ans, 40 % des hommes bénéficient du dispositif d’affections de longue durée en 2018, contre 30 % des femmes. Source : DREES, EDP-Santé 2018 : échantillon démographique permanent de l’Insee apparié au système national des données de santé (SNDS) de la Cnam, représentatif pour la France métropolitaine. N = 2,72 millions.

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