Accès gratuit
Numéro
Med Sci (Paris)
Volume 25, Mars 2009
Évaluation des risques et perspectives thérapeutiques en oncologie colorectale
Page(s) 7 - 8
Section La place du ciblage thérapeutique
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/2009251s7
Publié en ligne 15 janvier 2009

© 2009 médecine/sciences - Inserm / SRMS

Les techniques d’ingénierie moléculaire et cellulaire ont permis l’explosion du nombre de thérapies ciblées actuellement en développement clinique. Ces thérapeutiques nouvelles, spécifiques d’une cible donnée, ouvrent aujourd’hui des perspectives majeures dans l’amélioration du traitement des cancers. Elles sont issues, pour la plupart, des biotechnologies et représentent une classe de médicaments anticancéreux venant s’ajouter au trépied classique du traitement du cancer : Chirurgie, Radiothérapie, Chimiothérapie.

thumbnail Figure 1.

Anticorps monoclonaux : de la protéine murine à la protéine humaine.

À la différence de ces trois types de traitements, les thérapies ciblées ont la capacité d’agir presque exclusivement sur la cellule tumorale ou sur son environnement en épargnant les cellules saines. Les cibles potentielles de ce traitement sont pratiquement illimitées et vont de la membrane jusqu’au noyau de la cellule.

D’une approche par organe, c’est donc aujourd’hui une approche par cible qui fait l’objet du plus grand nombre de recherches fondamentales et de développements cliniques.

De la cible cellulaire à l’approche individualisée par patient

Une corrélation entre la mutation de certains gènes dans les cellules tumorales et la résistance au traitement par une thérapeutique ciblée a été récemment mise en évidence par Amgen. Ainsi, chez certains patients, la mutation d’un gène codant pour une des étapes de la voie de transduction du signal EGF est un facteur hautement prédictif de non réponse.

Ce gène dénommé KRAS est donc identifié comme responsable, s’il est muté, d’un échappement à la thérapeutique anti-EGFR chez certains patients. Il devient donc tout à fait important d’identifier pour chaque patient si la tumeur présente ou non cette mutation afin d’adapter la stratégie thérapeutique en conséquence.

Cette découverte majeure préfigure l’identification de nombreux autres gènes de résistance (ou de sensibilité) à chacune des thérapies ciblées. Cette véritable « carte d’identité » tumorale ouvre ainsi la voie à des traitements de plus en plus individualisés.

La mise à disposition des patients d’un anticorps monoclonal anti-EGFR 100 % humain dans le traitement du cancer colorectal métastatique

Amgen dispose de la technologie XenoMouse® qui permet de produire des anticorps monoclonaux totalement humains grâce à la création de lignée de souris transgéniques. Vectibix® (panitumumab) est le premier anticorps monoclonal anti-EGFR 100 % humain en oncologie digestive. Aboutissement d’une véritable dynamique de progrès, l’absence totale de protéine « souris » a permis d’observer de rares réactions sévères à la perfusion (0,02 % grade 3 ; 0 % grade 4), offrant ainsi une nouvelle opportunité thérapeutique dans le traitement du cancer colorectal métastatique.

Approuvé par la Commission Européenne, Vectibix® a obtenu une autorisation de mise sur le marché en décembre 2007 et est indiqué en monothérapie dans le traitement des patients atteints de cancer colorectal métastatique (CCRm) exprimant l’EGFR et présentant le gène KRAS non muté (type sauvage), après échec des protocoles de chimiothérapie à base de fluoropyrimidine, oxaliplatine et irinotécan.

Ainsi, chez les patients KRAS non muté atteints de CCRm en échec des chimiothérapies standards, Vectibix® associé aux soins palliatifs a réduit le risque de progression ou de décès de 51 % et a permis de doubler la médiane de survie sans progression (SSP) qui est passée de 8 à 16 semaines, comparativement aux soins palliatifs seuls (SP)1.

Vers un traitement individualisé du cancer colorectal

Vectibix® constitue une nouvelle alternative thérapeutique pour les 18 000 nouveaux patients2 atteints de CCRm chaque année en France. Faiblement immunogène, son administration est facilitée avec une posologie unique de 6 mg/kg toutes les 2 semaines, sans prémédication ni de dose de charge.

Parallèlement, le test KRAS représente un biomarqueur incontournable pour les cliniciens car il permet d’identifier les patients potentiellement répondeurs, ce qui représente un avantage majeur en termes de prise en charge en évitant de traiter inutilement des patients.

À l’heure actuelle, des essais cliniques sont en cours pour l’utilisation du panitumumab associé à un schéma FOLFOX ou FOLFIRI en 1re et 2e lignes de traitements du cancer colorectal.

Toujours en complément d’un protocole de chimiothérapie, des essais sont également en cours dans le traitement des cancers métastatiques ou localement avancés de la tête et du cou.

Perspectives

Fort de cette dynamique, Amgen multiplie aujourd’hui les recherches sur d’autres cibles et d’autres pathologies cancéreuses afin de mettre au point de nouvelles thérapies ciblées. Le laboratoire projette notamment de développer des anticorps humains et des petites molécules pro-apoptotiques, des anti-angiogéniques, inhibiteurs de la croissance tumorale, des IGFR et un modulateur de l’activité des lymphocytes B. De plus, en fin d’année, les résultats de l’utilisation du Denosumab dans les métastases osseuses chez 15 000 patients permettront peut-être d’ajouter un second anticorps monoclonal 100 % humain à l’arsenal thérapeutique de l’oncologie.


1

Source : RCP Vectibix®.

2

Source : dossier soumis à la transparence.

Liste des figures

thumbnail Figure 1.

Anticorps monoclonaux : de la protéine murine à la protéine humaine.

Dans le texte

Les statistiques affichées correspondent au cumul d'une part des vues des résumés de l'article et d'autre part des vues et téléchargements de l'article plein-texte (PDF, Full-HTML, ePub... selon les formats disponibles) sur la platefome Vision4Press.

Les statistiques sont disponibles avec un délai de 48 à 96 heures et sont mises à jour quotidiennement en semaine.

Le chargement des statistiques peut être long.