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Editorial
Numéro
Med Sci (Paris)
Volume 25, Mars 2009
Évaluation des risques et perspectives thérapeutiques en oncologie colorectale
Page(s) 5 - 5
Section Éditorial
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/2009251s5
Publié en ligne 15 janvier 2009

Avec plus de 37 000 nouveaux cas recensés en 2005 en France, le cancer colorectal se situe au 3e rang des cancers dans la population et au 2e rang de la mortalité par cancer avec près de 17 000 décès. La fréquence de ce cancer impose un engagement majeur de l’Institut National du Cancer décliné par la mobilisation de toutes les énergies, du dépistage précoce à la prévention, de l’information des publics à la recherche et au développement des techniques diagnostiques et thérapeutiques afin de réduire incidence et mortalité.

Ainsi le département de santé publique a centré son action sur le dépistage organisé des cancers colorectaux. Depuis la fin 2008, ce dépistage est étendu à l’ensemble du territoire national, métropolitain et d’outre-mer. Il cible la population de 50 à 74 ans, soit 16 millions de personnes. De cette généralisation, dont l’objectif final est de réduire la mortalité, (perspective : 3 000 vies sauvées chaque année par million de personnes testées) est attendu le diagnostic de cancers en phase précoce ainsi que d’états précancéreux. De fait, les premiers résultats montrent que les taux de détection des adénomes et des cancers sont respectivement de 7,8 ‰ et de 2,2 ‰ (dont 1/3 de cancers de stade très précoce curables définitivement).

Dans un objectif de cohérence, l’Institut National du Cancer a mis en œuvre en 2007 un programme d’actions intégrées de recherche (PAIR), sur les formes précoces du cancer colorectal. Ce programme compétitif soutient l’ensemble des dimensions et questions de recherche des formes précoces du cancer colorectal : biologie fondamentale, génétique de prédisposition, recherche de nouveaux marqueurs, recherche des stratégies de prévention, évaluation des meilleures pratiques de prise en charge, technologies innovantes et aspects humains et sociaux. 63 projets ont été soumis et 14 projets ont été financés pour 4,4 M€ (dont 1,5 M€ par l’industrie pharmaceutique). Parmi eux, se distinguent des études sur le dépistage par des tests immunologiques, des études de l’influence de facteurs de risques potentiels (par exemple l’ingestion d’acides gras), des études du lien entre inflammation et cancérogenèse colorectale ou encore le développement de modèles pour mieux appréhender la formation de métastases du cancer colorectal.

Ces programmes ciblés financés en 2007 se prolongent en 2008 et au-delà, au travers des projets libres, des appels à projets de recherche translationnelle, et des appels à projets en Sciences Humaines et Sociales et Épidémiologie et des appels à projets en recherche clinique.

Dans ce domaine de la recherche clinique, le cancer colorectal est largement représenté au travers du PHRC (Programme Hospitalier de Recherche Clinique) et des programmes STIC (Soutien aux techniques innovantes couteuses pour des technologies validées). Ces programmes sont financés par des crédits assurance-maladie mais la procédure de sélection est assurée par l’INCa.

Depuis 2005, année de mise en place de l’INCa, 20 projets ciblant le cancer colorectal ont été sélectionnés dans le cadre du PHRC. Les grandes thématiques s’articulent autour des marqueurs moléculaires de pronostic ou prédictif d’un effet thérapeutique, la combinaison de traitements, la chirurgie « pure », les essais de stratégie médicamenteuse et enfin les technologies diagnostiques portant par exemple sur les vidéocapsules, le coloscan et la tomographie par émission de positons.

Plusieurs projets ont été financés dans le cadre du STIC ciblant des sujets majeurs comme la valorisation médico-économique du coloscan, de la chirurgie mini-invasive du cancer du côlon droit et la détection de la mutation K-ras pour le traitement par anticorps anti-récepteur de l’EGF.

Par ailleurs, dans le cadre d’appels à projets sur l’endoscopie innovante, de nouvelles technologies ont été analysées dans des projets sur l’endomicroscopie confocale, la chromo-endoscopie (augmentation des contrastes et du relief de la muqueuse par un colorant) et la chromoscopie virtuelle (remplacement du colorant par un processeur électronique).

Ce panorama montre l’étendue du domaine des recherches soutenues par l’INCa et les Ministères de tutelles depuis 2005 et l’importance de l’effort financier ; les projets listés précédemment totalisent près de 12 millions d’euros.

Cette mobilisation est destinée à perdurer compte tenu de l’enjeu majeur en termes de santé publique représenté par le cancer colorectal. Elle prendra plusieurs formes : suivi des résultats obtenus par les recherches financées, maintien des dynamiques de collaboration initiées par ces programmes, accentuation de la transversalité des approches, financements de nouveaux projets.

La réunion de La Ciotat, organisée par le Cancéropole PACA, qui s’est tenue le 13 juin 2008, a permis de faire le point sur l’évaluation des risques et les perspectives thérapeutiques en oncologie colorectale. Les contributions d’un excellent niveau scientifique portant sur le ciblage thérapeutique et la génomique du cancer colorectal sont présentées dans ce numéro hors série de Médecine/Sciences.


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