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Editorial
Numéro
Med Sci (Paris)
Volume 20, Numéro 2, Février 2004
Page(s) 131 - 131
Section Éditorial
DOI https://doi.org/10.1051/medsci/2004202131
Publié en ligne 15 février 2004

Inquiétude. Il n’y a pas d’autre moteur à cette mobilisation, unique par sa rapidité et son ampleur, du monde de la recherche, des étudiants aux directeurs d’instituts, tous âges et tous statuts confondus.

Comment échapper aux évidences égrenées dans une récente lettre ouverte au gouvernement [http://recherche-en-danger.apinc.org] ? Une recherche vigoureuse est indispensable aux innovations de demain. La recherche publique ne peut être limitée à quelques axes considérés comme prioritaires par un pouvoir politique. Seule une recherche fondamentale forte et indépendante, soutenue par l’État, est susceptible d’attirer massivement des industries pour établir un partenariat pérenne. L’asphyxie des organismes de recherche, véritable colonne vertébrale de la recherche publique, aura inévitablement des conséquences à court et à long terme. La baisse des budgets des laboratoires et l’effondrement du nombre de postes proposés au recrutement de jeunes chercheurs ont un impact désastreux, tant matériel que psychologique. Imagine-t-on leur impact sur les décisions que prendront les étudiants actuellement en stage post-doctoral dans les laboratoires américains et européens ? Revenir pour quoi ? Que feront les meilleurs d’entre eux ?

L’illusion d’une recherche scientifique essentiellement animée et pilotée par un ministère est démentie dans tous les pays développés. C’est dans des organismes de recherche et des universités puissantes que se trouvent les ressources théoriques, méthodologiques, d’évaluation, capables de maintenir le pays dans une compétition internationale âpre. Nul ne songe à demander à l’État de pourvoir en totalité au budget de la recherche. Néanmoins, celui-ci n’atteindra, toutes sources confondues, publiques et privées, les 3 % du produit intérieur brut souhaités au plus haut niveau à la fin de la première décennie du millénaire que si la part investie par l’État donne confiance à ses partenaires industriels. Les organismes de recherche ne peuvent pas, ne doivent pas être réduits à des agences de moyens, sauf à mettre en danger, aujourd’hui et pour longtemps, notre force d’innovation. Toute une communauté attend un signe. Elle a adressé un signal.


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