« Ebola 2002 & 2003 » et
« O trio contra Marburg » ne sont pas les titres
de nouveaux films à sensation mettant en scène les dangereux virus
Ebola et Marburg, mais de chansons composées par des musiciens
locaux lors de récentes épidémies. À leur façon, ces musiciens ont
contribué à l’important effort d’information des populations
touchées par ces fièvres hémorragiques virales. En effet, les
mesures d’isolement des malades et de suivi de leurs proches
imposées lors des épidémies sont très mal acceptées. Cette réaction
est compréhensible : en l’absence de vaccin ou de traitement,
l’entrée dans le pavillon d’isolement est le plus souvent synonyme
de mort. L’application stricte des mesures de quarantaine est
pourtant indispensable au contrôle des épidémies. L’identification
précoce des premiers cas, qui incombe aux réseaux de surveillance
et d’alerte, est elle aussi capitale pour limiter le nombre de
victimes. En 2005, une épidémie à virus Ebola en République du
Congo, détectée très tôt, n’a fait qu’une dizaine de victimes,
alors qu’une épidémie à virus Marburg en Angola, détectée plus
tardivement, a fait plus de trois cents morts. Adapter au mieux les
mesures de quarantaine pour qu’elles soient plus facilement
acceptées et améliorer encore les réseaux de veille sanitaire sont
les préoccupations constantes des équipes locales et
internationales impliquées dans la lutte contre ces fièvres
hémorragiques (http://www.who.int).
Le virus Marburg et le virus Ebola (qui comprend
quatre espèces différentes) sont des virus enveloppés à ARN négatif
simple brin qui forment la famille des Filoviridae. Leur
réservoir naturel reste mal connu, mais la plupart des épidémies
humaines commencent lors d’un contact avec des
animaux - eux aussi victimes de ces
virus - trouvés morts en forêt [1] (-> m/s 2006,
n° 1, p.78). La surveillance des épidémies à virus Ebola
qui déciment les populations de grands singes a d’ailleurs déjà
permis de prévoir avec plusieurs semaines d’avance l’apparition
d’épidémies humaines [2, 3]. Ces virus se transmettent à la faveur
de contacts avec des fluides corporels infectés, et se propagent
principalement dans la population lors d’activités de soins ou de
rituels funéraires non protégés. Pour combattre et étudier ces
virus, le seul moyen de s’en protéger reste donc le port de tenues
de protection prévenant tout contact avec les liquides
potentiellement contaminés (Figure 1). Les autorités
s’inquiètent de l’augmentation du nombre d’épidémies en Afrique [2,
4], mais aussi de l’utilisation potentielle de ces virus à des fins
bioterroristes. Cependant, la recherche progresse : deux
avancées significatives vers le développement d’un traitement [5]
et d’un vaccin [6] sont discutées ici.

Figure 1. Tenues de
protection permettant de travailler avec les filovirus.
A. Personnel soignant se rendant au pavillon
d’isolement lors de l’épidémie à virus Ebola à Mekambo, au Gabon,
en 2000 (photo, H. Zeller). L’aspect effrayant de ces tenues
contribue à alimenter la méfiance des populations vis-à-vis des
équipes qui travaillent au contrôle des épidémies
(http://www.who.int). B. Analyse d’échantillons
de la faune locale à la recherche du réservoir du virus de Marburg
à Durba, République Démocratique du Congo, en 1999 (photo,
H. Zeller). Parmi les milliers d'échantillons animaux
analysés, seules quelques chauve-souris récemment étudiées ont
montré des signes d'infection, ce qui en fait le candidat réservoir
le plus probable. C. Chercheurs du Laboratoire des
Filovirus, Inserm U758, travaillant en scaphandre pressurisé au
laboratoire P4 Inserm Jean Mérieux à Lyon, France, en 2005 (photo,
laboratoire P4 : http://www.cervi-lyon.inserm.fr).
Inhiber l’activité de la glycoprotéine GP
pour bloquer le virus Ebola
La glycoprotéine (GP) du virus Ebola est la
seule protéine transmembranaire exprimée, sous forme de trimères, à
la surface des cellules infectées et des virions
(Figure 2) ; elle est donc particulièrement
exposée au système immunitaire, ce qui en fait une protéine de
choix pour le développement de vaccins [6]. La GP est synthétisée
sous la forme d’un précurseur clivé par l’endoprotéase furine en
deux sous-unités, GP1, extracellulaire, et GP2, transmembranaire,
reliées entre elles par des ponts disulfures [7]. L’expression de
la GP du virus Ebola nécessite un phénomène d’édition (RNA
editing) lors de la transcription : l’ajout d’un
nucléotide non codé par le génome entraîne un décalage du cadre de
lecture lors de la traduction (Figure 2) [8]. Il semble
que seule une minorité des ARN messagers (ARNm) (20 %) soient
édités et codent pour la GP. Les autres ARNm codent pour une petite
glycoprotéine de fonction inconnue, la sGP, qui est sécrétée par
les cellules infectées. La principale conséquence du phénomène
d’édition est de limiter la quantité de GP produite par les
cellules infectées qui produisent le virus ; cette protéine
étant connue pour sa forte cytotoxicité, l’édition pourrait ainsi
favoriser la production de virus, en réduisant sa toxicité pour les
cellules infectées [9].

Figure 2. Organisation
des virions et du génome des filovirus. Les filovirus
(Ebola et Marburg) sont des virus enveloppés de l’ordre des
Mononegavirales.A. Microscopie électronique
d’une particule virale. Les filovirus doivent leur nom à l’aspect
filiforme des virions, qui peuvent mesurer plus d’un micromètre de
longueur pour 80 nanomètres de diamètre. B. Le génome
des filovirus est un ARN simple brin non segmenté, de polarité
négative, qui code pour sept protéines structurales. Le virus Ebola
produit deux protéines à partir du gène de la GP : la
glycoprotéine de surface GP, et la petite glycoprotéine non
structurale sécrétée, la sGP. Les protéines de nucléocapside (la
nucléoprotéine NP, les protéines virales de 35 kDa et
30 kDa (VP35, VP30) et la polymérase virale L) transcrivent et
répliquent l’ARN génomique. La protéine VP40, qui joue un rôle
essentiel dans le bourgeonnement viral, et la protéine VP24 sont
des protéines de matrice. C. Agencement des protéines
dans une particule virale Ebola. Les protéines de nucléocapside
entourent l’ARN viral pour former une ribonucléoparticule. Les
protéines de matrice sont associées à la membrane. La GP est la
seule protéine transmembranaire présente à la surface des
virions : elle déclenche la fusion des membranes virale et
cellulaire, qui permet l’entrée du virion dans la cellule. Ces
différentes protéines sont localisées sur une coupe transversale de
virion observée au microscope électronique à transmission.
Une autre propriété de la GP en fait une cible
privilégiée dans la recherche d’un traitement contre le virus
Ebola. Elle est en effet responsable du tropisme cellulaire et de
la fusion des membranes virale et cytoplasmique lors de l’entrée du
virus dans la cellule : inhiber cette étape devrait permettre
de limiter la propagation du virus au sein des organismes infectés.
Cependant, les détails du mécanisme de fusion sont longtemps restés
inconnus. En raison de similarités de structure et de séquence, la
GP a été rattachée à la famille des glycoprotéines virales de
fusion de type I, une famille comprenant également les protéines de
fusion des orthomyxovirus (virus de la grippe, par exemple) et des
rétrovirus (virus de l’immunodéficience humaine, VIH, par exemple)
[10, 11]. Ces protéines possèdent, à l’état inactif, un peptide
hydrophobe, le peptide fusion, caché au cœur de leur
structure ; ce peptide fusion se retrouve exposé à la faveur
d’un changement conformationnel, et peut alors s’insérer dans la
membrane cible et déclencher le mécanisme de fusion membranaire
[10, 11] : cet événement, postérieur à la liaison au(x)
récepteur(s), a lieu lors d’un processus d’activation. Tout comme
la glycoprotéine HA du virus de la grippe, l’activité de fusion de
la GP du virus Ebola nécessite un pH acide, une propriété
caractéristique des protéines réalisant la fusion dans les
endosomes [10-13] ; la diminution du pH est d’ailleurs le
déclencheur du changement conformationnel activant la protéine HA.
La glycoprotéine du VIH est, quant à elle, activée par sa liaison à
un corécepteur [10, 11]. En ce qui concerne la GP du virus Ebola,
il n’a pu être démontré que de tels mécanismes soient suffisants
pour provoquer son activation.
Sans exclure un effet direct du pH sur la
conformation de la sous-unité GP2, qui contient le peptide fusion,
Chandran et ses collaborateurs viennent de montrer que l’acidité
des endosomes est également indispensable au fonctionnement de
protéines cellulaires nécessaires à l’activation de la GP. En
travaillant sur une souche recombinante (VSV-EboGP) du virus de la
stomatite vésiculeuse (VSV), dont la glycoprotéine a été remplacée
par celle du virus Ebola, espèce Zaïre [6, 14], ils ont découvert
que l’utilisation de quantités croissantes d’inhibiteurs des
cathepsines B et L (CatB et L), protéases endosomiques actives
uniquement à pH acide, diminuait spécifiquement l’infectiosité des
pseudovirus VSV-EboGP [5]. Ils ont ensuite confirmé le rôle de ces
protéases dans l’entrée du virus Ebola en montrant que les
particules VSV-EboGP sont incapables d’infecter des cellules de
souris transgéniques dépourvues de ces deux protéines ;
l’infection de ces cellules peut être restaurée partiellement en
exprimant CatB, et complètement en exprimant à la fois CatB et
L. Les auteurs ont ensuite traité des particules VSV-EboGP
avec les protéases CatL et B purifiées : les particules
traitées par CatL sont capables d’infecter des cellules dépourvues
d’activité CatL, mais nécessitent l’activité de CatB, qui agirait
donc en aval. Leurs résultats montrent que la sous-unité GP1 serait
clivée par CatL et/ou CatB en un premier fragment, ensuite dégradé
par CatB. Le mécanisme d’activation de la GP du virus Ebola par ces
clivages protéolytiques serait donc tout à fait original pour une
protéine de type I (Figure 3) : même si le
mécanisme exact reste encore à préciser, il semble que ces deux
protéases coopèrent pour dévoiler le peptide fusion et permettre le
déclenchement de l’entrée du virus dans les cellules.

Figure 3. Modèle de
fusion membranaire médiée par la glycoprotéine GP du virus
Ebola. La GP est produite dans les cellules infectées sous
forme d’un précurseur, qui est ensuite clivé par la protéase furine
en deux sous-unités, GP1 et GP2 [7]. Ces deux sous-unités sont
reliées par des ponts disulfures et s’assemblent pour former des
trimères. La GP, protéine exprimée à la surface des particules
virales Ebola, est responsable de la fusion de la membrane virale
avec la membrane cellulaire, qui permet l’entrée du virus dans la
cellule. Elle est rattachée à la famille des glycoprotéines de
fusion de type I en raison de similarités de séquence et de
structure. Ces protéines, après la liaison à leur(s) récepteur(s),
subissent un changement conformationnel activateur qui peut être
induit par une baisse de pH ou par leur liaison à un corécepteur.
Chandran et al. viennent de démontrer que l’activation de la
GP serait quant à elle provoquée par des clivages de la sous-unité
GP1 opérés par les cathepsines L et B (CatL et B), des protéases
endosomales actives uniquement à pH acide. Par analogie avec
d’autres glycoprotéines de fusion de type I, le pH acide des
endosomes pourrait aussi jouer un rôle direct dans le changement
conformationnel de la sous-unité GP2 qui insère le peptide fusion
dans la membrane cible. La suite du modèle proposé est dérivé de
celui décrit pour les autres glycoprotéines de cette famille (pour
revue, voir [10, 11]).
Les stratégies antivirales classiques s’étant
révélées inefficaces, différentes approches thérapeutiques
novatrices sont à l’étude (pour revue, voir [15]). La
découverte du rôle des cathepsines lors de l’entrée du virus Ebola
dans les cellules ouvre une nouvelle perspective :
l’utilisation d’inhibiteurs de ces protéases, qui ont déjà été
employés in vivo chez la souris à d’autres fins. Chandran et
collaborateurs ont d’ailleurs montré que la propagation du virus en
culture cellulaire était significativement réduite en présence de
tels inhibiteurs [5]. Cependant, ces molécules étant connues pour
leur capacité à altérer la réponse immune, on peut se demander si
leur action antivirale sera réellement efficace chez des personnes
aux défenses immunitaires déjà affaiblies par le virus (->
m/s 1999, n° 10, p.1168) [16, 17].
Vers la mise au point d’un vaccin contre
les virus Ebola et Marburg
Si les progrès de la recherche ont déjà permis
la réalisation de tests diagnostiques de plus en plus précis et
rapides [18], un vaccin n’est, en revanche, toujours pas
disponible. De nombreuses stratégies vaccinales ont été testées
avec succès chez les petits rongeurs depuis les années 80, mais ces
résultats prometteurs n’ont, dans la plupart des cas, pas été
confirmés chez les singes (Tableau I). Il est donc
maintenant admis que les rongeurs, qui développent d’ailleurs des
symptômes assez différents des primates, ne constituent pas de bons
modèles pour tester l’efficacité de vaccins contre ces virus.

Tableau I. Principaux essais
de vaccination contre les filovirus chez l’animal. Ces
résultats indiquent clairement que les rongeurs ne sont pas un bon
modèle pour anticiper l’efficacité d’un vaccin chez les primates,
plus proches de l’homme. Le modèle primate est donc maintenant
utilisé en priorité, malgré son coût et les difficultés posées par
son utilisation. Un premier vaccin à dose unique efficace chez le
primate a été mis au point en 2003 [30]. Un nouveau vaccin
utilisant un vecteur dérivé du virus de la stomatite vésiculeuse
(VSV) vient d’être testé avec succès chez le singe [6]. Ce dernier
résultat est particulièrement intéressant, puisque l’utilisation du
VSV chez l’homme comme plate-forme privilégiée pour le
développement de vaccins contre les maladies émergentes est
fortement envisagée. VEEV : virus de l’encéphalite équine du
Vénézuela ; GP : glycoprotéine ; NP :
nucléoprotéine.
Une première approche de vaccin en dose unique à
base d’adénovirus recombinant avait déjà permis de vacciner des
primates contre le virus Ebola (Tableau I) [28-30]
(-> m/s 2003, n° 19, p.1183). L’utilité d’un tel
vaccin a cependant été remise en question : de nombreuses
personnes ont déjà été en contact avec des adénovirus et présentent
donc une immunité préexistante contre le vecteur, ce qui limiterait
probablement l’efficacité du vaccin [4]. Cela a d'ailleurs été
récemment démontré chez la souris [29]. Ce type de stratégie
vaccinale présente cependant l’avantage de stimuler l’apparition
d’une réponse immunitaire non seulement humorale (à base
d’anticorps qui neutralisent le virus circulant), mais aussi
cellulaire (impliquant les cellules T cytotoxiques qui détruisent
les cellules infectées). Avec ce type de vecteur, en effet,
l’antigène viral est produit par les cellules de l’individu
vacciné, et donc présenté au système immunitaire d’une façon
stimulant la réponse à médiation cellulaire. L’analyse de la
réponse immunitaire de patients lors d’épidémies à virus Ebola
avait justement permis de montrer une corrélation entre leur survie
et l’apparition précoce d’anticorps et de lymphocytes T
cytotoxiques (-> m/s 1999, n° 10, p.1168)[16,
17].
Des vecteurs VSV, dont la glycoprotéine a été
remplacée par celle du virus Ebola Zaïre ou du virus Marburg, ont
récemment été testés avec succès comme vaccins chez les primates
[4, 6]. Contrairement aux adénovirus, la prévalence de l’immunité
anti-VSV est négligeable chez l’homme. Le vecteur VSV, déjà très
utilisé en recherche fondamentale [5], est également employé à des
fins vaccinales chez l’animal, et considéré comme un outil
prometteur pour le développement de nouveaux vaccins pour l’homme.
De nombreux essais vaccinaux utilisant le VSV ont d’ailleurs été
réalisés chez l’animal, par exemple contre le VIH et le virus de
l’hépatite C [31] ou encore celui de Lassa [32]. Les résultats
obtenus sont encourageants : le vaccin ne semble pas provoquer
d’effets secondaires chez les primates, ni déclencher d’immunité
contre les protéines du vecteur après vaccination [6]. Il reste
toutefois à valider l’innocuité d’un tel vaccin chez l’homme :
l’effort de recherche nécessaire sera important, mais porté par
l’espoir de pouvoir vacciner les gens contre de nombreux virus
connus, et de développer plus rapidement des vaccins en cas
d’émergence de nouveaux virus.
Concernant les filovirus, après des résultats
préliminaires intéressants obtenus chez les rongeurs [14], Jones et
ses collaborateurs ont entrepris la vaccination de six macaques
avec une dose de vaccin Ebola Zaïre et de six autres avec une dose
de vaccin Marburg [6]. Quatre semaines plus tard, quatre animaux du
groupe Ebola ont été infectés par une dose létale de virus Ebola
Zaïre et ont survécu, tandis que les deux autres animaux, infectés
par une dose létale de virus Marburg, sont rapidement décédés. De
la même façon, les quatre animaux vaccinés contre Marburg infectés
par ce même virus ont survécu, tandis que les deux infectés par
Ebola Zaïre sont morts. Les auteurs ont confirmé que la protection
contre le virus Ebola était corrélée au développement précoce d’une
forte réponse immunitaire à médiation humorale et cellulaire. En
revanche, la protection contre le virus Marburg était
essentiellement accompagnée par la production de grandes quantités
d’anticorps non neutralisants, un résultat cohérent avec des
données obtenues précédemment pour ce virus [21]. Neuf mois plus
tard, les singes vaccinés contre le virus Marburg étaient toujours
protégés, même contre une souche très proche de celle dont était
issue la GP du vaccin ; ces singes avaient cependant déjà subi
une épreuve avec le virus Marburg, ce qui a certainement renforcé
leurs défenses immunitaires, à la manière d’un rappel vaccinal. En
revanche, le vaccin Ebola espèce Zaïre n’a pas protégé les singes
contre une dose létale de virus Ebola espèce Soudan, dont la GP
diffère de 50 %, en termes d’acides aminés, de celle utilisée
pour le vaccin [6].
Les vaccins VSV semblent prometteurs car ils ont
protégé des singes du virus Ebola ou du virus Marburg en une seule
injection. Ils sont cependant très spécifiques : l’absence de
protection croisée entre les virus Ebola et Marburg ou entre les
différentes espèces de virus Ebola ne permettra pas la réalisation
de campagnes de vaccination préventive à grande échelle chez
l’homme ou les grands singes. En revanche, ces vaccins pourront
être utiles pour contrôler ponctuellement les épidémies, s’ils
confèrent suffisamment rapidement une protection efficace.
Conclusions
Une meilleure compréhension des particularités
du fonctionnement du virus Ebola, en particulier de sa
glycoprotéine, ouvre la voie à un nouveau type d’approche
thérapeutique, et des résultats prometteurs en termes de vaccin
viennent d’être obtenus. Cependant, il est certain que ces
résultats ne seront pas applicables à l’homme avant plusieurs
années. En attendant, il faudra continuer à renforcer les réseaux
d’alerte et de prévention en Afrique. En plus de leur mission
strictement médicale lors des épidémies, les équipes d’intervention
devront continuer à prendre autant que possible en compte les
appréhensions des populations locales. C’est grâce à des mesures
mieux adaptées que les dernières épidémies à virus Ebola au Congo
et au Soudan ont fait relativement peu de victimes
(http://www.who.int). ‡
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier Hervé Zeller,
directeur du Centre National de Référence des Fièvres Hémorragiques
Virales de l’Institut Pasteur, ainsi qu’Alain-Jean Georges,
directeur du laboratoire P4 Inserm Jean Mérieux et l’équipe
biosécurité, notamment pour leur contribution à l’illustration de
ce travail.
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