Créé en 2002, sous le nom GIS-Institut de la
longévité, ce Groupement d’intérêt scientifique (GIS) est le fruit
d’un partenariat scientifique entre le Ministère de la Recherche,
le CNRS, l’Inserm, l’INED et l’Association France-Alzheimer ;
il est destiné à fédérer des compétences et des moyens pour
développer un programme de recherche déterminé sur les questions de
vieillissement, de cibler les actions qui seront prioritaires,
d’assurer une coordination de ces recherches, et de donner à ces
questions une visibilité nationale. Le GIS se veut aussi une
ouverture sur l’Europe, en aidant à la mise en place de réseaux
d’excellence. En 2004, avec l’entrée des nouveaux partenaires que
sont le Ministère de la Santé et le Ministère délégué aux Personnes
Âgées, le nom du GIS a été modifié afin de mieux rendre compte de
son objet et du contenu de ses missions : sa dénomination est
devenue Institut de la longévité et du vieillissement.
Si le programme des recherches soutenues par le
GIS-Institut de la longévité comprend, bien entendu, les grandes
questions scientifiques posées par le vieillissement et la
longévité dans le domaine biologique et médical, il a aussi pour
vocation de soutenir des études et des recherches en sciences
sociales : économiques, démographiques et sciences de la
société.
Le comité directeur du GIS, qui réunit des
représentants de chacun de ses partenaires, est présidé par le
professeur Etienne-Emile Baulieu. Le directeur du GIS, après
Philippe Amouyel depuis sa création, est aujourd’hui Jean Mariani.
Les membres du conseil scientifique du GIS représentent l’ensemble
des champs disciplinaires concernés par les recherches sur le
vieillissement, et la présidence en est assurée depuis sa création
par Jean-François Dartigues ; quant au secrétariat général du
GIS, il est assuré par Marie-France Hanseler.
Considérant l’intérêt de contacts réguliers avec
des partenaires tels que les sociétés savantes, les fondations, les
caisses de retraite, les compagnies d’assurances ou, encore,
diverses entreprises, il a été décidé de créer, aux côtés du comité
directeur et du conseil scientifique du GIS, un comité
d’orientation stratégique, ayant pour objectifs de diffuser
l’information dans la société civile, chercher des financements,
faire émerger les interrogations de la société civile et les sujets
à étudier, recevoir des demandes et organiser des réunions sur des
thèmes généraux ou spécifiques liés au vieillissement et à la
longévité. Un forum devrait réunir les organismes et personnes
concernés.
Jusqu’en 2005, le budget du GIS est venu
essentiellement du Ministère de la Recherche, sous la forme d’une
dotation annuelle de 1 million d’euros. Le CNRS et l’Inserm
participent au bon fonctionnement du GIS en ayant mis à sa
disposition, dès sa création, des moyens en locaux et en personnel,
notamment la secrétaire générale du GIS. En 2004, le Ministère
délégué aux Personnes âgées a assuré le financement de deux projets
en Sciences de l’homme et de la société. La gestion financière du
budget du GIS est assurée par l’Inserm.
Une analyse préalable des domaines dans lesquels
des soutiens prioritaires pouvaient être mis en œuvre dès 2002,
première année de fonctionnement du GIS, a été réalisée en accord
avec le Ministère de la Recherche ; elle a défini, dans un
premier temps, trois domaines d’intervention : la
physiopathologie du vieillissement (et notamment l’étude des
altérations des organes des sens, l’orientation spatiale et
l’équilibre, avec un soutien à l’étude épidémiologique dite des
Trois cités) ; un domaine plus médical (études
d’interventions, prévention de la démence, assistance au
vieillissement, sécurité et efficacité des médications chez les
personnes âgées) ; enfin, un domaine davantage lié aux progrès
dans les nouvelles technologie (information, transfert,
communication, compensation de perte d’autonomie).
Par la suite, des appels à propositions ont été
lancés par le GIS en 2003 et 2004. Pour l’appel d’offres de 2003,
ouvert sur l’ensemble des problématiques du domaine afin de mieux
connaître les équipes impliquées, 88 propositions ont été reçues
par le GIS et jugées par des experts de la communauté française et
internationale, et 25 projets ont été retenus et financés. Les
budgets ont été mis à disposition des équipes sur trois années, à
raison de 30 % par an, tel que le veut le mode de gestion des
fonds du FNS (Fonds national de la science).
L’appel à propositions ouvert en 2004 s’est
adressé à toutes les structures de recherche françaises labellisées
(EPST, Universités, CHU), quelles que soient les disciplines, et il
portait sur le thème général de la vulnérabilité liée au
vieillissement et à la longévité. Relevaient de cet appel
d’offre : la recherche fondamentale en biologie et physiologie
moléculaire, cellulaire et intégrée, les recherches cliniques,
physiopathologiques, épidémiologiques et les recherches en sciences
humaines et sociales. D’une manière générale, les études proposées
pouvaient porter sur des modèles cellulaires, sur des modèles
animaux simples, tels que C. elegans ou la drosophile,
mais aussi plus complexes (mammifères et homme). En réponse à cet
appel, 140 projets très diversifiés ont été proposés, pour lesquels
le GIS a sollicité l’avis de plus de 300 experts. Sur les 66
projets classés en A, l’Institut de la longévité et du
vieillissement n’a pu financer que 36 projets dans le cadre
budgétaire qui lui était imparti pour 2004, dont 6 en Sciences de
l’homme. Deux de ces projets, qui touchaient plus particulièrement
les sciences humaines et sociales, ont été directement pris en
charge par la DREES-MiRe du Ministère de la Santé et des Affaires
sociales. Cet appel d’offres, ainsi que les précédents, ont montré
qu’il existait (ils ont d’ailleurs aidé à sa constitution) une
véritable communauté d’étude en biologie du vieillissement et de la
longévité en France.
Cependant, ce constat très positif et la montée
en puissance du GIS-longévité n’ont malheureusement pas été suivis
d’effet en 2005 : malgré des demandes répétées des
responsables du GIS, le ministère de la Recherche n’a pas accordé
de budget au GIS en 2005, et aucune ligne de recherche
spécifiquement consacrée à ce thème n’est apparue dans les
différents secteurs de la recherche pour lesquels des appels
d’offres ont éte ouverts par la nouvelle Agence nationale de la
Recherche (ANR). Certes, la thématique du vieillissement et des
pathologies dégénératives liées à l’âge apparaît de manière
transversale dans plusieurs des lignes de recherche soutenues par
l’ANR (lignes « nutrition »,
« cardiovasculaire », « neurosciences »), et il
restait la posssibilité aux acteurs de notre champ disciplinaire de
déposer des projets dans la ligne dite « blanche » de
l’ANR. Cette réponse doublement négative, qui a évidemment empêché
la mise en place d’un appel d’offres du GIS en 2005, a été
ressentie par les responsables du GIS, et certainement par toute la
communauté des chercheurs dans ce domaine, comme un coup d’arrêt
dans une dynamique, jusque-là très positive, pour renforcer
l’identité et fédérer les efforts de recherche d’une communauté
encore fragile et insuffisante face aux défis multiples que pose,
et posera de plus en plus, l’allongement de la vie en France, et
plus généralement dans le monde.
Une demande de reconnaissance d’une thématique
spécifique « vieillissement et longévité » au sein de
l’ANR a été proposée à nouveau en 2006 : c’est maintenant à la
puissance publique et aux décideurs politiques de prendre la mesure
des enjeux, et d’apporter une réponse claire de soutien à la
recherche dans ce domaine, essentielle pour l’avenir de notre
société. ‡
Pour toute information complémentaire sur les
statuts, projets et recherches en cours, voir le site : http://www.gis-longevite.cnrs.fr