Les cellules souches embryonnaires :
un espoir thérapeutique ?
Bien que les cellules souches soient devenues un
thème très à la mode de la biologie du XXIe siècle,
la recherche sur ces cellules date de plusieurs décennies. En
effet, l’intérêt pour ces cellules a commencé à la découverte par
Charles Philippe Leblond de cellules, résidant dans des tissus
adultes, capables de s’autorenouveler et de se différencier en
progéniteurs d’autres types cellulaires [1]. Les cellules souches
embryonnaires (ou ES) sont dérivées de l’embryon précoce (stade
blastocyste) sous forme de lignées immortelles. Elles ont également
la capacité de s’autorenouveler et de se différencier en engendrant
les trois feuillets embryonnaires, puis tous les tissus de
l’organisme adulte. Cette pluripotence cellulaire est conservée
in vitro en culture. Étudiant au laboratoire les mécanismes
fondamentaux de la détermination et de la différenciation
cardiaques de ces cellules, nous observons des foyers contractiles
constitués de cellules cardiaques organisées en réseau, une semaine
après avoir induit la différenciation au sein de corps embryoïdes,
structures tridimensionnelles produites par agrégation des cellules
ES et présentant les trois feuillets embryonnaires, ectoderme,
endoderme et mésoderme. Ces cellules cardiaques acquièrent
différents phénotypes : pacemaker, ventriculaire ou
auriculaire (Figure 1) révélant l’extraordinaire
potentiel de différenciation de ces cellules. Depuis l’isolement de
la première lignée humaine en 1998 [2], ces cellules ont ouvert de
vastes perspectives d’étude du développement de l’embryon humain et
ont apporté de grands espoirs de thérapie cellulaire de maladies
dégénératives dont l’insuffisance cardiaque.

Figure 1.
Multipotentialité cardiogénique des cellules ES.
A. Formation de corps embryoïdes.
B. Structure tridimensionnelle (incluant les
trois feuillets embryonnaires à partir de cellules ES) donnant
naissance au sein du mésoderme à des cellules cardiaques organisées
en réseau de cellules exprimant la protéine sarcomérique actinine.
C. Ces réseaux comprennent des cellules
pacemaker, ventriculaires (exprimant la chaîne légère 2 de
myosine ventriculaire) et atriales. D. Ces
cellules développent des potentiels d’action spontanés et courts
(pacemaker) ou induits et longs (ventriculaire) ou induits
et courts (auriculaire).
Nadial Rosenthal, chercheur en myologie, a
récemment écrit, dans une revue traitant des thérapies cellulaires
potentielles, un scénario de science fiction sur lequel de nombreux
laboratoires travaillent de par le monde : un patient
souffrant de défaillance cardiaque reçoit une transplantation de
cellules souches embryonnaires personnalisées grâce au transfert
nucléaire. Les cellules trouvent un environnement de facteurs de
croissance favorable et se différencient en cardiomyocytes
régénérant le myocarde (Figure 2) [3]. Ce rêve
deviendra-t-il un jour prochain une réalité pour les six cents
millions de personnes à haut risque de déficience cardiaque vivant
sur notre planète ?

Figure 2. Transfert
nucléaire somatique et réparation myocardique : un scénario
futuriste. Des fibroblastes prélevés dans la peau d’un
patient fournissent le noyau somatique transplanté dans un ovocyte
énucléé. Après fécondation artificielle, l’ovocyte se développe par
division cellulaire en blastocyste à partir duquel sont isolées des
cellules ES. Ces dernières sont spécifiées vers le phénotype
cardiaque avec des facteurs de croissance, et sont transplantées
dans le myocarde. Trouvant les mêmes facteurs cardiogéniques in
situ, les cellules se différencient en cardiomyocytes et
régénèrent le myocarde.
Potentiel cardiogénique des cellules
souches embryonnaires murines
La première lignée de cellules souches murines a
été isolée il y a vingtaine d’années [4]. Une publication d’un
groupe allemand, pionner dans le domaine, a montré il y a une
dizaine d’années que les cellules ES murines se différenciaient en
différent types cellulaires rencontrés dans le myocarde : les
cellules pacemaker et de conduction, les cellules
auriculaires et ventriculaires [5]. Nous avons étudié plus en
détail cette multipotentialité cardiogénique des cellules ES de
souris. Utilisant des protéines fluorescentes dont l’expression
dans les cellules ES est pilotée par des promoteurs cardiaques,
nous avons pu suivre la destinée des cellules et caractériser leur
phénotype. Nous avons pu confirmer la présence de cellules
auriculaires et ventriculaires [6] dans les corps embryoïdes, ainsi
que des cellules pacemaker [7] (Figure 1).
Il est possible de favoriser la différenciation
cardiaque ventriculaire en traitant les cellules par des facteurs
cardiogéniques de la superfamille du TGFb (transforming growth
factor b), sécrété par l’embryon au stade prégastrulation [8],
puis par l’endoderme. Les cellules expriment alors des gènes
spécifiques du mésoderme puis du myocarde [9]. Le BMP2 (bone
morphogenic protein) est l’un des membres de cette superfamille
dont la fonction cardiogénique est la mieux conservée au cours de
l’évolution des organismes depuis Dpp, son homologue chez la
drosophile [10], jusque chez le poulet [11], en passant par le
poisson zèbre (swr/bmp2b) [12] ou le xénope [13]. Cette réponse
transcriptionnelle au TGFb ou BMP2 valide les cellules ES comme
modèle de développement cardiaque précoce. Il reste pourtant à
déterminer si ces cellules peuvent engendrer les deux champs ou
lignages cardiaques, récemment mis en en évidence [14]. En effet,
le champ primaire, au sein duquel les cellules expriment notamment
Nkx2.5, Mef2c, GATA et Tbx5, donne naissance au ventricule gauche
et aux oreillettes, alors que le ventricule droit et le tronc
artériel émanent du champ secondaire [14], caractérisé en
particulier par des cellules progénitrices exprimant les facteurs
Isl1, Tbx1 et FoxH1 [15-17]. S’il est bien établi que les cellules
ES engendrent le champ primaire in vitro, il reste à
démontrer qu’elles produisent aussi le champ secondaire.
La cicatrice fibreuse qui se développe dans le
myocarde après un épisode ischémique secrète des facteurs de la
superfamille du TGFb [18]. Cette sécrétion paracrine peut donc être
utilisée en thérapie régénératrice car ce processus permet en effet
la différenciation de cellules ES murines vers un phénotype
cardiaque après greffe intramyocardique chez le rat [9-19] ou chez
le mouton [20], régénérant le myocarde et améliorant sa
contractilité. Il faut mentionner dans ces expériences l’absence de
tératomes chez ces animaux [21], indiquant que la réponse des
cellules compétentes non différenciées aux morphogènes inhibe tout
phénomène d’hyperprolifération. Cette situation est assez
comparable à celle des greffes de tissus embryonnaires qui perdent
leur propriété tératogène très tôt après la différenciation des
cellules de l’épiblaste [22], concept qui a été confirmé plus
récemment [23]. Toutes ces données nous rapprochent de la
réalisation du scénario de science fiction. Il reste néanmoins
encore deux inconnues majeures pour rendre ce scénario
réalisable : le potentiel cardiogénique réel des cellules ES
humaines et la tolérance immunologique des cellules ES.
Potentiel cardiogénique des cellules
souches embryonnaires humaines
Kehat et al. [24] furent les premiers
auteurs à montrer la différenciation des cellules ES humaines en
cardiomyocytes. Ces cellules ne se différencient pas néanmoins
jusqu’au stade terminal. De plus, elles ne représentent qu’une
faible population cellulaire au sein des corps embryoïdes. En 2003,
une étude électrophysiologique [25] a pourtant démontré la présence
de cellules auriculaires, ventriculaires et nodales parmi les
cardiomyocytes dérivés des cellules ES humaines. Cependant, la
plupart des cardiomyocytes ont un phénotype précoce à activité
électrique spontané, une propriété des premiers stades de
différenciation cardiaque. Bien que cette propriété ait été
utilisée pour engendrer un pacemaker biologique [26, 27],
cet état n’est que transitoire, les cellules devant ensuite devenir
quiescentes. La différenciation des cellules humaines en
cardiomyocytes n’est pas aussi spontanée que celle des cellules de
souris. Des facteurs extrinsèques sont donc nécessaires. Les
cellules ES expriment les récepteurs membranaires pour les facteurs
de la superfamille du TGFb, et la famille des FGF (fibroblast
growth factor) [28]. Le TGFb et l’activine orientent la
différenciation des cellules ES humaines vers un lignage du
mésoderme [29]. Nous avons pu observer une induction de gènes
cardiaques (GATA4, Mef2c et Nkx2.5) après
stimulation de cellules ES de singe Rhésus par le BMP2. Des
cellules endodermiques (END-2) qui sécrètent des facteurs
cardiogéniques, dont le TGFb, les FGF et le BMP2 facilitent aussi
l’orientation cardiogénique des cellules humaines [30]. Ces données
préliminaires montrent donc que les cellules humaines suivent un
programme génétique de différenciation assez similaire sans doute à
ce qui se passe chez l’embryon in vivo, mais de nombreux
travaux restent nécessaires pour réussir à accroître le potentiel
cardiogénique de ces cellules.
Privilège immun des cellules souches
embryonnaires
Nos observations de la tolérance des cellules ES
murines chez le rat ou le mouton immunocompétent [9] suggèrent que
ces cellules possèdent un privilège immun [31]. Différentes
hypothèses pourraient expliquer ce privilège. Les cellules ES
humaines n’expriment que peu d’antigène d’histocompatibilité et ne
sont pas la cible des lymphocytes T [32]. Elles pourraient sécréter
un facteur immunosuppresseur local, une propriété des cellules
souches mésenchymateuses [33]. Elles pourraient également induire
un phénomène de tolérance [34-36]. Leur statut embryonnaire
pourrait aussi leur conférer une neutralité immunologique et des
facultés d’adaptation à l’environnement du tissu hôte. Tous ces
mécanismes doivent être considérés et étudiés afin de caractériser
le statut immunologique des cellules ES. De ce dernier dépend en
effet la nécessité de manipuler génétiquement les cellules pour
neutraliser les antigènes d’histocompatibilité par exemple, ou
d’utiliser le transfert nucléaire somatique afin de personnaliser
le statut immunologique de la cellule ES
(Figure 2).
Facteurs cardiogéniques et réseaux
transcriptionnels déterminant le phénotype cardiaque chez
l’embryon
Un des défis actuels de la recherche en
développement cardiovasculaire est la quête de l’origine des
progéniteurs cardiaques. Cette recherche doit servir de base à
toute approche de différenciation des cellules ES en
cardiomyocytes. Des expériences de cartographie cellulaire chez
l’embryon de souris ont montré que les premiers progéniteurs
cardiaques se localisent dans la région latérale postérieure de
l’épiblaste juste avant la gastrulation. Au cours de la
gastrulation, ces cellules rejoignent le mésoderme en migrant à
travers la ligne primitive [37]. Les cellules alors compétentes se
trouvent en contact avec l’endoderme, sécrétant des facteurs
inducteurs de la cardiogenèse ou morphogènes. Ce processus se
déroule en 6 jours chez la souris et en une vingtaine de jours chez
l’homme.
Un certain nombre de facteurs de transcription -
molécules se liant spécifiquement sur des séquences consensus d’ADN
des promoteurs de gènes pour induire leur expression - jouent un
rôle important dans le processus de différenciation cellulaire
cardiaque in vivo et in vitro dans les corps
embryoïdes engendrés à partir des cellules ES [38]. Ces facteurs
appartiennent à différentes familles de gènes, les homéoprotéines
Nkx2, la famille MADS-box (myocyte enhancer factor-2, Mef2),
les facteurs de transcription en doigt de zinc (famille des GATA)
et de la T-box, Tbx. Ces facteurs constituent un réseau
transcriptionel finement régulé par les facteurs de croissance et
de différenciation cellulaire. Les facteurs de transcription
cardiaques sont plus particulièrement Nkx2.5, Mef2c, GATA4,5,6, la
myocardine, Tbx5 et Tbx20. Ces facteurs travaillent de concert pour
induire l’activité transcriptionnelle de promoteurs de gènes
cardiaques [39]. Ils sont mis en jeu suite à la stimulation des
cellules par des facteurs de croissance ou
« morphogènes » qui activent une cascade d’événements
intracellulaires (souvent une suite d’activation de kinases)
aboutissant à l’activation du facteur de transcription, par exemple
en le transloquant dans le noyau de la cellule où il exercera son
action. Ces morphogènes appartiennent essentiellement à la
superfamille du TGFb incluant l’activine, nodal, les BMP ou le
TGFb, ainsi qu’à la famille des FGF. Des signaux inhibiteurs de la
différenciation cardiaque et médiés par les glycoprotéines
sécrétées Wnt sont réprimés par des antagonistes tels que les
molécules Crescent et Dkk1 (Dickkopf), ces derniers
favorisant donc également la différenciation cardiaque. Wnt 11 est
le seul membre de la famille des Wnt qui est cardiogénique [40].
D’autres facteurs tels que Sonic et Indian Hedgehog
(Shh et Ihh) favorisent la différenciation cellulaire cardiaque, en
étant une cible préférentielle de la signalisation intracellulaire
du récepteur FGF [41] et des activateurs directs de l’expression de
Nkx2.5 [42]. Plus récemment, la molécule réceptrice Notch-1 et son
ligand Serrate, exprimés à la même période que Nkx2.5 dans
les territoires précurseurs cardiogéniques de l’embryon, ont été
impliqués dans le processus de décision phénotypique cardiaque. Ils
seraient des inhibiteurs de ce processus [43]. Tous les gènes
codant pour ces facteurs de transcription sont présents dans le
génome humain [44]. Les cascades transcriptionelles restent
néanmoins encore spéculatives chez l’homme.
La voie des BMP, agissant par l’intermédiaire
des facteurs intracellulaires smad est décrite comme la voie
cardiogénique royale aussi bien in vivo [45] qu’in
vitro à partir de cellules ES [46]. Nous avons récemment mis
en évidence une nouvelle voie, indépendante et plus précoce que
celle des BMP, en étudiant la différenciation des cellules ES
déficientes en protéine du rétinoblastome (Rb). Les cellules ES
Rb-/- se différencient en cardiomyocytes, mais
avec un retard significatif par rapport aux cellules ES sauvages.
Les facteurs de transcription spécifiques du mésoderme cardiaque
(Mesp, Tbx6) et les facteurs cardiaques (Nkx2.5, MEF2C, GATA…) sont
exprimés dans les corps embryoïdes de cellules ES
Rb-/- 5 jours plus tard que dans les cellules
sauvages. La myofribrillogenèse et l’activité contractile sont
elles aussi retardées. Ces données suggèrent que Rb est nécessaire
à une étape précoce de différenciation. Rb a un site de liaison à
un facteur cardiogénique aviaire CMF1 [47]. Nous avons testé
l’hypothèse selon laquelle Rb serait nécessaire à la voie de
différenciation impliquant LEK1 (homologue de CMF1 aviaire chez la
souris) en amont, mais indépendante de la voie BMP. En exprimant
des ARN interférentiels, et des ADNc antisens ciblant LEK1, ou en
inhibant l’interaction Rb/LEK1 dans les cellules ES par une
séquence peptidique mimant le site de liaison de Rb sur LEK1 ciblée
dans le noyau, nous avons proposé une nouvelle voie
transcriptionnelle cardiogénique indépendante de la voie canonique
BMP, mais dépendante d’une interaction Rb/LEK1 [38]
(Figure 3). Cette voie transcriptionnelle est en cours
d’étude au laboratoire. La fonctionnalité de ces voies
cardiogéniques chez l’homme reste une question à élucider.

Figure 3. Réseaux
transcriptionnels déterminant le phénotype cardiaque in vitro
et in vivo. Les progéniteurs cardiaques de
l’épiblaste rejoignent, au cours de la gastrulation, le mésoderme
en migrant à travers la ligne primitive. Les cellules alors
compétentes se trouvent en contact avec l’endoderme sécrétant les
facteurs de la superfamille du TGFb (TGFb, BMP2). Ces facteurs
activent l’expression de facteurs de transcription. Ces derniers,
agissant en combinaison les uns avec les autres, permettent la
spécification du mésoderme cardiaque, puis des lignages cardiaques
primaire et secondaire. Les cellules du champ primaire donneront
naissance aux oreillettes et au ventricule gauche, et celles du
champ secondaire au ventricule droit et au tronc artériel.
Différences entre le développement
précoce du myocarde murin et humain
Les cellules ES humaines sont isolées comme les
cellules de souris à partir du stade blastocyste de l’embryon. Il
est important de noter néanmoins que le blastocyste humain est plus
précoce que celui de la souris, se formant après un stade de
division supplémentaire. L’activation majeure du génome se produit
au stade 2 cellules chez la souris et à 6-8 cellules chez l’homme
[48]. Les trois feuillets embryonnaires se forment 6 jours après la
fécondation chez la souris et 14 jours après chez l’homme. Les
cellules ES humaines sont donc probablement plus précoces dans le
stade de développement que les cellules de souris. Ce statut se
reflète d’ailleurs au niveau du profil d’expression génique des
cellules ES non différenciées ou en cours de différenciation au
sein de corps embryoïdes. Les cellules ES non différenciées de
souris expriment déjà des marqueurs de l’endoderme viscéral
(a-fœto-protéine) et du mésoderme (brachyury). Elles perdent
en 5 jours l’expression d’Oct-4, un marqueur de pluripotence, au
cours de leur différenciation. Les cellules de primates n’expriment
pas ces marqueurs à l’état indifférencié (nos résultats).
L’a-fœto-protéine n’est détectée qu’aux jours 10-30 dans les corps
embryoïdes humains. L’expression d’Oct-4 disparaît dès le cinquième
jour dans les corps embryoïdes engendrés à partir de cellules
murines alors qu’il persiste au jour 10 dans les corps embryoïdes
humains [49]. La pluripotence des cellules de primates a été
montrée par formation de tératomes chez les souris immunodéprimées.
Néanmoins, aucune formation d’embryons chimériques n’a été réalisée
à partir des cellules de primates non humains.
Les mécanismes du maintien de la pluripotence
des cellules ES humaines font également apparaître quelques
différences avec ceux qui gouvernent la pluripotence des cellules
murines. Notamment les cellules humaines n’ont pas besoin de LIF
(leukemia inhibitory factor) comme les cellules de souris.
Le LIF est nécessaire au maintien de la pluripotence des cellules
souches dans l’embryon de souris en diapause, un état de repos du
blastocyste qui n’a pas d’équivalent chez l’homme. Les facteurs de
transcription, dont l’expression maintient l’état de pluripotence
des cellules de souris (Oct-4 et Nanog), jouent néanmoins le même
rôle dans les cellules ES humaines, témoignant de la conservation
de certains mécanismes d’autorenouvellement [50]. Ces différences
doivent êtres prises en compte dans l’établissement de stratégies
de spécification et de différenciation des cellules ES
humaines.
Conclusions
Les travaux présentés dans cette étude
démontrent que les cellules ES suivent les mêmes routes de
spécification et de différenciation tissulaires in vitro
qu’au cours de l’embryogenèse. Ces cellules représentent donc un
bon modèle de développement précoce du myocarde. Les cellules ES
dérivées de blastocystes porteurs de mutations ou d’anomalies
génétiques apportent donc un outil précieux d’étude de maladies
cardiaques congénitales et génétiques. Les différences de
développement des embryons des souris et humains sont sans aucun
doute à considérer dans les études de spécification et de
différenciation des cellules ES murines et humaines vers le
phénotype cardiaque. Une étude documentée des réseaux
transcriptionnels déterminant le phénotype cardiaque humain
permettra de comprendre les mécanismes de différenciation
cellulaire cardiaque et d’envisager la réalisation du scénario de
réparation du myocarde de patients souffrant de défaillance
cardiaque. ‡
REMERCIEMENTS
L’auteur remercie les étudiants de son équipe
qui ont effectué les travaux rapportés dans cette revue, les Drs
Atta Behfar, Annabelle Méry, Evangélia Papadimou, Marietta Barro,
Dana Zeinnedine, Corinne Grey, Claudine Ménard et Franck Aimond, le
Dr Pierre Charnet (CNRS FRE2593, Montpellier) pour les tracés
d’électrophysiologie, ainsi que ses collaborateurs cliniciens, les
Prs Philippe Menasché et Albert Hagège (HEGP, Paris) et leurs
collaborateurs ainsi que ses collaborateurs à la Mayo Clinic
(Rochester, USA), dans le laboratoire du Dr André Terzic. Notre
recherche est financée par la Fondation de France, l’AFM, la
Fondation pour la recherche médicale et l’Inserm.
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