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Décrit pour la première fois en Afrique du Sud il y a quelques décennies
[1], le syndrome de Liebenberg (MIM 186550) de transmission autosomique
dominante se caractérise essentiellement par une malformation
des membres supérieurs. Les anomalies des articulations sont caractéristiques
: au coude, déformation de l’olécrane, limitation de la pronation
et de la supination ; au poignet, fusion du pisiforme avec le trapézoïde,
celui-ci étant élargi ainsi que le trapèze et le trapézoïde. Les doigts sont
courts avec camptodactylie du cinquième. Quelques autres cas ont été
décrits par la suite mais on ignorait jusqu’à présent le gène impliqué dans
ce syndrome au demeurant cliniquement bien identifiable. Une étude
récente, rassemblant trois familles, vient non seulement de trouver le
gène en cause, mais d’expliquer pourquoi ce gène, intact, modifie le développement
des membres supérieurs [2]. L’analyse génomique a montré
une délétion sur le bras long du chromosome 5 dans deux familles et une
translocation 5:18 dans la troisième (avec une délétion). Ce changement
de structure a entraîné une modification de la régulation du facteur de
transcription PITX1 qui est normalement
impliqué uniquement dans la croissance des
membres inférieurs [2]. En effet, trois éléments
enhancers (un sur le chromosome 5,
et deux sur le chromosome 18 impliqué dans
la translocation 5:18) - dont deux sont actifs
à la fois dans la formation des membres
supérieures et inférieurs – sont relocalisés
en 5’ au voisinage des régions régulatrices
de PITX1,
l’expression de ce
dernier est modifiée,
et il intervient alors
dans le développement des membres supérieurs. Pour
démontrer la validité de leur interprétation dans cette
maladie humaine, les auteurs ont réussi a obtenir une
souris transgénique exprimant une copie de cette même
modification génomique (hs1473-Pitx1) : elle présente
les mêmes malformations aux membres supérieurs que
dans le syndrome de Liebenberg qui tend à transformer les
membres supérieurs en membres inférieurs. Une anomalie
analogue avait déjà été décrite par reprogrammation du
processus de développement des pattes antérieures chez
la souris et des ébauches des ailes chez le poulet, et elle
impliquait également le gène Pitx1 ou le promoteur d’un
gène homéotique Prx1 [3].
Simone Gilgenkrantz
médecine/sciences
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Références
- Liebenberg, F. S Afr Med J 1973 ; 47: 745-7.
- Spielmann M, et al. Am J Hum Genet 2012 ;
91 : 629-35.
- Duboc V, Logan MP. Dev Dyn 2011 ; 240 :
1017-27.
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Un des
défis des
recherches
biogérontologiques
actuelles est la validation de protocoles antivieillissement
chez des espèces proches de l’homme, telles
que les primates non humains [1] (➜).
C’est dans cette optique qu’une restriction calorique (RC)
chronique et modérée (30 % de calories en moins par rapport
au régime standard) a été instituée sur une période de plus
de 20 ans chez des macaques Rhésus (durée de vie moyenne
de 27 ans en captivité) au National institute of aging (NIA)
(Baltimore, États-Unis) et au Wisconsin national primate
center research (WNPCR) (Wisconsin, États-Unis) [2]. En
2009, Colman et ses collègues [3] publiaient les premiers
résultats de l’étude du WNPCR chez ces macaques, indiquant
une diminution de l’occurrence de pathologies associées à
l’âge, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer,
l’atrophie cérébrale, et le diabète de type II, ainsi qu’une
augmentation (30 %) des taux de survie chez les animaux
soumis à une restriction par rapport aux animaux du groupe témoin. En
revanche, les résultats de l’étude du NIA, publiés récemment par Mattison
et ses collègues [4, 5], ne démontrent aucune augmentation de la longévité
chez les macaques soumis à une RC, que celle-ci ait débuté chez
des animaux jeunes (< 16 ans) ou âgés (entre 16 et 23 ans), et ce même si
des effets bénéfiques
ont été
mis en évidence
sur les marqueurs
de pathologies métaboliques associées au vieillissement.
La confrontation de ces résultats laisse penser
que la RC réduit le déclin des fonctions de l’organisme,
indépendamment de la survie de l’individu.
De même, les auteurs suggèrent que l’impact
de la diversité génétique, de la composition
du régime alimentaire et des conditions très
favorables de captivité peut interférer avec
les effets de la RC à long terme. Pour l’heure,
des études complémentaires sont nécessaires
pour mettre en évidence les mécanismes
impliqués dans le retard d’apparition
des pathologies liées à l’âge, associés ou non
à une augmentation de la longévité.
Julia Marchal, Martine Perret,
Fabienne Aujard
Mécanismes adaptatifs-des organismes
aux communautés
CNRS UMR 7179
Muséum national d’histoire naturelle
Brunoy, France.
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1 La sensibilité extéroceptive est la sensibilité des téguments (originaires de l’ectoderme). On distingue le tact
épicritique - fin, très différencié (sensibilité extéroceptive épicritique) - et le tact protopathique, grossier, non
discriminant (sensibilité extéroceptive protopathique)
2 Deux perceptions simultanées à la stimulation d’un seul sens (exemple en poésie :
« Voyelles » de Rimbaud).
Références
- Marchal J, et al. Med Sci (Paris) 2012 ; 28 : 1081-6.
- Ingram DK, et al. J Gerontol 1990 ; 45 : B148-63.
- Colman RJ, et al. Science 2009 ; 325 : 201-4.
- Mattison JA, et al. Nature 2012 ; 489 : 318-21.
- Austad SN. Nature 2012 ; 489 : 210-1.
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© Inserm Étienne Begouen
Les données de
l’épidémiologie,
qui concluent à
une association
entre diabète de
type 2, obésité et cancer, et celles de la génétique, qui montrent que les locus de
susceptibilité aux deux premiers sont proches des gènes impliqués dans la multiplication
cellulaire, suggèrent que le risque de cancer et celui de diabète de type
2 pourraient être influencés par des mutations des mêmes gènes, en particulier
ceux codant pour des enzymes impliquées dans les voies de signalisation communes
au cycle cellulaire et au métabolisme. Pal et al. [1] ont fait le choix d’une
phosphatase PTEN (tumor-suppressor phosphatase and tension homologue)
inhibant la voie de la phosphatidyl inositol 3-kinase (PI3K) pour vérifier si c’était
bien le cas. Cette enzyme a été sélectionnée parce que ses mutations perte de
fonction sont impliquées dans le syndrome de Cowden de prédisposition aux
cancers. Quinze patients atteints de ce syndrome - qui associe macrocéphalie
et divers cancers, atteignant essentiellement le sein, la thyroïde et l’endomètre
- ont été comparés à 15 sujets normaux appariés pour l’âge, le sexe et l’index
de masse corporelle (IMC). L’étude a été double. In vivo, on a utilisé l’épreuve de surcharge en
glucose avec mesure de la glycémie et de l’insuline au cours du temps et le blocage (clamping)
de l’insuline (quantité de glucose nécessaire pour maintenir une glycémie normale au cours
d’une perfusion continue d’insuline). In vitro, les concentrations d’AKT (sérine/thréonine protéine
kinase B) intacte et phosphorylée ont été mesurées sur des biopsies de tissu adipeux et de
muscle. Les patients porteurs
de mutations de PTEN développent
une sensibilité accrue à l’insuline, détectée par un taux d’insulinémie
à jeun environ trois fois moindre que celui des témoins, et par les anomalies
des épreuves de surcharge en glucose et de blocage de l’insulinémie par
une charge en glucose. Cette hypersensibilité est associée dans
le tissu adipeux à une hyperactivation de la voie PI3K-AKT de
signalisation de l’insuline que traduit l’excès d’AKT phosphorylée.
La relation insulinémie versus IMC a été comparée chez
les patients et dans un groupe de plus de 2 000 témoins : l’IMC
des malades est élevée avec une moyenne de 32 (23-42) et
l’augmentation de l’insulinémie par unité d’IMC paradoxalement
moindre chez les malades. L’obésité des patients s’accompagne
d’un épaississement du pli cutané et d’une élévation également
paradoxale de l’adiponectine. En conclusion, l’étude de ces
malades montre que des mutations avec perte de fonction de
PTEN associent un risque accru de cancers et d’obésité avec
une augmentation de la sensibilité à l’insuline, c’est-à-dire un
risque moindre de diabète malgré l’obésité. On a là l’exemple d’une mutation
à double conséquence, nocive et bénéfique, confirmant qu’avec notre
génome, on n’est pas gagnant sur tous les tableaux.
Raymond Ardaillou
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© Jean-Michel Hupé
Les organes sensoriels
nous mettent en
contact avec le monde
extérieur. L’ouïe et le
toucher sont deux systèmes sensoriels munis de récepteurs capables de transformer la force
mécanique en signaux électriques. Mais, alors qu’on connaît actuellement plus de 60 gènes
impliqués dans l’audition, on ignore presque tout de la génétique du toucher. Si l’on exclut
l’insensibilité congénitale à la douleur, maladie très rare et bien explorée sur le plan moléculaire
(OMIM 147430, 243000, 256800), on ne connaît à présent qu’un seul gène intervenant
dans la sensibilité tactile, le gène c-MAF. Chez la souris, l’invalidation
du gène c-Maf empêche le développement normal des corpuscules de
Pacini. Chez l’homme, les mutations de c-MAF ont été décrites dans des
familles avec trouble du développement oculaire et cataracte. Dans une
publication récente [1], un groupe de chercheurs vient de confirmer le
rôle du facteur de transcription c-MAF dans la sensibilité cutanée, à la fois chez la souris et
chez l’homme. Il intervient dans le développement des mécanorécepteurs spécialisés dans
la détection des vibrations rapides. Dans une famille dont quatre sujets ont une mutation
dominante de c-MAF, les tests de perception des vibrations rapides montrent une diminution
nette de la perception de ces vibrations. Qu’en est-il des autres gènes du toucher ? Une équipe
de chercheurs allemands et espagnols vient d’apporter une réponse, partielle mais néanmoins
intéressante, à cette question [2]. Après avoir mis au point des tests sensoriels quantitatifs
- reproductibles chez plusieurs centaines de témoins, et en tenant compte des variations
avec l’âge et le sexe - une étude de jumeaux (sur 100 paires dont 66 monozygotes) a d’abord
confirmé l’intervention de facteurs héréditaires dans la sensibilité tactile (protopathique, épicritique,
thermique, vibratoire, ainsi que le baroréflexe)1. Les auteurs se sont ensuite demandé si, bien qu’ils soient distincts, l’ouïe et le toucher
ne pourraient utiliser les mêmes protéines
sensorielles et si certains gènes ne seraient pas
capables d’intervenir sur ces deux organes des
sens. Ils ont donc effectué aussi des tests d’acuité auditive sur l’ensemble
des sujets et ont observé que les sujets ayant une acuité auditive excellente
ont plus fréquemment une acuité tactile élevée. Ils ont ensuite étudié
des sujets sourds congénitaux et des malvoyants ou non voyants. Le groupe
des sourds avait une sensibilité tactile diminuée par rapport aux témoins.
En revanche, celle-ci était augmentée chez les
malvoyants. Enfin, ils ont étudiés 65 malades
atteints de syndrome de Usher. On sait que cette
maladie, autosomique récessive, associe une surdité
neurosensorielle congénitale ou très précoce
à une rétinite pigmentaire progressive. Il en existe trois types cliniques, le
type 2 étant le plus fréquent. Les 65 malades étaient de type 2, dont 36
avaient au moins un allèle mutant pour le gène USH2A. Ce groupe avait une
acuité tactile diminuée de façon statistiquement significative. Il se pourrait
donc que l’usherine puisse intervenir à la fois dans l’ouïe et le toucher.
Si c’est le cas, on se rapproche des synesthésies2 [3] et du frisson de plaisir
en écoutant de la musique qu’a si bien évoqué Jean-Claude Ameisen dans
une des ses passionnantes émissions sur france inter [4].
François Flori
médecine/sciences
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1 La sensibilité extéroceptive est la sensibilité des téguments (originaires de l’ectoderme). On distingue le tact
épicritique - fin, très différencié (sensibilité extéroceptive épicritique) - et le tact protopathique, grossier, non
discriminant (sensibilité extéroceptive protopathique)
2 Deux perceptions simultanées à la stimulation d’un seul sens (exemple en poésie :
« Voyelles » de Rimbaud).
Références
- Wende H, et al. Science 2012 ; 335 : 1373-6.
- Frenzel H, et al. PLoS Biol 2012 ; 10 : e1001318.
- Hupé JM. Med Sci (Paris) 2012 ; 28 : 765-71.
- Ameisen JC. Sur les épaules de Darwin (france inter, 23 juillet 2011).
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© Cécile (pivoine rouge)
En 2007, M. Gougerot-Pocidalo décrivait dans ces colonnes les « filets » (NET,
neutrophil extracellular traps) tissés par les polynucléaires (PN) pour attraper les
bactéries et éviter leur dissémination [1], et A. Desjardins et al. y font allusion dans
ce numéro [2]. Faits de chromatine décondensée sur laquelle s’adsorbent des protéines
des granules des PN, ces NET, identifiés in vitro ont beaucoup intrigué et leur
réelle implication dans la défense antibactérienne in vivo suscitait même un certain
scepticisme. Doute levé cet été par deux articles de Cell Host and Microbe [3] et
Nature Medicine [4], qui utilisent une même approche de microscopie intravitale
confocale à spinning disks, qui permet un suivi dynamique précis des phénomènes
cellulaires in vivo avec une phototoxicité minime. Le premier modèle [3] analyse chez
la souris la réponse des PN qui s’accumulent dans les sinusoïdes du foie en réponse à
un signal endotoxique. La formation des NET requiert quatre
étapes séquentielles : migration des PN dans la microcirculation
du foie, adhésion des PN à l’endothélium suivie de celle
des plaquettes aux PN via l’intégrine LFA-1, et enfin expulsion
des NET. Quelques heures après l’injection de bactéries mimant
un épisode septique aigu, la capture des bactéries dans les
sinusoïdes hépatiques est quatre fois supérieure à celle qu’assurent les seules cellules
de Kupffer ; les NET en sont responsables car le blocage des interactions PN-plaquettes
(qui inhibe la formation des NET) ou l’injection de Dnase (qui dissout les NET)
inhibe cette capture accrue, sans modifier le nombre des PN (ni donc la capacité de
phagocytose). Ces NET intrahépatiques certes protègent d’une dissémination hématogène
des bactéries (mesurée au niveau des poumons), mais le mieux étant l’ennemi
du bien, ils induisent des lésions hépatiques, à type de nécrose et congestion sinusoïdale.
La seconde étude [4] visualise la formation des NET sur un fragment de derme
extériorisé lors de la création d’une infection
bactérienne intradermique. Elle confirme
les données précédentes et les complète
par deux observations : la production de ces
NET (donc d’ADN nucléaire) se fait via des
vésicules ou un bourgeonnement de la membrane,
et surtout, elle ne tue pas immédiatement
les PN, qui restent
fonctionnels (phagocytose) alors même qu’une
grande partie de leur noyau est expulsé. L’analyse
de PN humains provenant d’abcès à bactéries
Gram- confirme cette décondensation nucléaire
et identifie des PN anucléés, mais conservant des
granules et donc vraisemblablement capables de bactéricidie. Par
l’étendue de ses filets intravasculaires, la NETosis des PN s’avère
une arme intravasculaire de défense antibactérienne et antivirale
des plus efficaces, mais dont les dommages collatéraux ne sont pas
négligeables. C’est du grand art… les images le prouvent !
Laure Coulombel
médecine/sciences
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Références
- Gougerot-Pocidalo M, et al. Med Sci
(Paris) 2007 ; 23 : 464-5.
- Desjardins A, et al. Med Sci (Paris) 2012 ;
28 : 965-71.
-
McDonald B, et al. Cell Host Microbe 2012 ;
12 : 324-33.
- Yipp BG, et al. Nat Med 2012 ; 18 : 1386-93.
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Mangez moins, vous vivrez plus longtemps ! En effet, pour le ver comme pour le mammifère,
la restriction calorique augmente la longévité. Parmi les mécanismes impliqués,
on note une diminution de la production de cytokines pro-inflammatoires et d’espèces
réactives de l’oxygène, ainsi qu’une augmentation des processus de détoxication et de
réparation de l’ADN. La restriction calorique est également associée à une diminution
de la masse du tissu adipeux des mammifères. L’équipe de R. Kahn (Boston, Ma, États-
Unis), en collaboration avec le centre du vieillissement de la
Mayo Clinic (Rochester, Mn, États-Unis) a recherché en quoi
le vieillissement modifiait l’expression des miARN dans le tissu adipeux sous-cutané
[1]. Les pré-miARN sont exportés dans le cytoplasme et pris en charge par la protéine
Dicer qui les clive en miARN matures. Les auteurs ont tout d’abord constaté que seuls
les miARN matures du tissu adipeux murin diminuaient avec l’âge en corrélation avec
une baisse drastique de Dicer. Or, cette baisse n’a pas lieu lorsque les animaux âgés
sont mis sous restriction calorique pendant trois mois. Cette modulation de Dicer est
spécifique du tissu adipeux et n’est pas observée dans le foie, le rein ou le muscle
squelettique. En revanche, la chute de Dicer est également retrouvée dans des préadipocytes
humains en culture obtenus à partir du tissu sous-cutané de donneurs âgés.
Le stress oxydant a le même effet sur l’expression de Dicer dans des préadipocytes,
sauf si ces derniers sont prétraités avec de l’insuline, connue pour protéger ces cellules
de l’apoptose induite par les espèces réactives de l’oxygène. Pour mieux comprendre
le rôle de Dicer dans la biologie de l’adipocyte, son gène a été inactivé dans ces cellules.
Celles-ci ont alors un temps de doublement plus long et des niveaux d’apoptose
et de sénescence augmentés, ce que reflète
une augmentation de p53. L’expression de
miR-125b, qui diminue avec l’âge dans le tissu
adipeux murin, est inversement proportionnelle à celle de p53. Or,
la transfection du miR-125b dans les cellules invalidées pour Dicer
restaure un niveau quasi normal d’expression de p53 et diminue
l’apoptose. De fait, des niveaux élevés de protéine p53 phosphorylée
ainsi qu’une susceptibilité accrue au stress oxydant sont observés
chez les souris dont le gène Dicer est invalidé
spécifiquement dans le tissu adipeux. Chez le
nématode, la simple haplo-insuffisance de Dicer suffit à diminuer
l’espérance de vie du ver comme le fait la réduction de l’expression
de lin-4 (l’orthologue de miR-125b), alors que la surexpression de
Dicer dans l’intestin augmente leur résistance au stress, leur durée de
vie en conditions normales et leur survie en condition de stress thermique.
Ainsi, la diminution des miARN induite par la chute de Dicer
est un processus conservé au cours du vieillissement mais indépendant
de l’effet de la voie insuline/IGF-1 (insulin growth factor) sur
la longévité. Seul le tissu adipeux semble touché par cette altération
sans que l’on comprenne encore comment celui-ci intervient dans les
altérations systémiques associées au vieillissement.
Hélène Gilgenkrantz
Institut Cochin, Paris, France
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Références
- Mori MA, et al. Cell Metabolism 2012 ; 16 : 336-47.
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