
© Inserm Michèle Cazillis
L’équipe de Hans Clevers (Utrecht, Pays-Bas) s’est souvent
illustrée dans l’identification et la caractérisation des cellules
souches intestinales. Sa dernière publication, commise dans
la revue Nature dont il est coutumier, s’attaque cette fois
aux cellules souches hépatiques [1]. La régénération d’un
foie normal, par exemple après résection hépatique, est normalement
assurée par les hépatocytes eux-mêmes, cellules parenchymateuses
pourtant différenciées à l’état basal. En revanche, en conditions de nécrose aiguë,
d’hépatopathie chronique ou chez le rongeur soumis à certains régimes (MCDE
pour methionine choline-deficient diet ou DDC pour 3,5-dietoxycarbonyl-1,4-dihydrocollidine),
la prolifération de cellules progénitrices bipotentes localisées
dans la région périportale a été décrite. Celles-ci présentent une activation de
la voie Wnt. Cependant, l’absence de marqueurs spécifiques de ces cellules rend
leur identification délicate. Or, Lgr5
(leucine-rich-repeat-containing G-proteincoupled
receptor 5) est un marqueur de cellules souches intestinales et également
une cible de la voie Wnt canonique. L’équipe hollandaise a donc voulu tester le
devenir des cellules exprimant ce marqueur en conditions d’induction de cellules
progénitrices ou ovales. Les auteurs ont utilisé une approche de lignage classique
utilisant des souris double-transgéniques exprimant une recombinase cre inductible
par le tamoxifène sous la dépendance du promoteur endogène du gène Lgr5
(souris knock-in Lgr5-ires-CreERT2) et porteuses d’un gène « floxé » codant pour
la bêta-galactosidase (Rosa26R). Lorsqu’on administre du tétrachlorure de carbone
aux animaux transgéniques, ou un régime MCDE ou DDC, de petites cellules
bleues en prolifération sont détectées dans la région périportale très rapidement
après l’injection de tamoxifène. En culture organotypique,
ces cellules
peuvent être
maintenues
vivantes de nombreux
mois. Elles expriment des marqueurs des
lignages à la fois biliaire et hépatocytaire et, en milieu spécifique,
se différencient en hépatocytes ayant toutes les caractéristiques
fonctionnelles requises pour mériter ce nom : accumulation de glycogène,
expression de certains cytochromes p450 et capture des
LDL. Qui plus est, injectées chez la souris tyrosinémique, modèle
bien connu de repeuplement hépatique, elles colonisent partiellement
leur foie. Cependant, quand des hépatocytes fraîchement
isolés repeuplent un foie de souris tyrosinémique à hauteur de
plus de 30 % en moins de 3 mois, empêchant la mort de l’animal,
les cellules Lgr5+ atteignent à peine 0,1 % et ce dans une minorité
de souris en prolongeant seulement d’un peu leur survie. Cette
comparaison grevant le potentiel thérapeutique de ces cellules
pourrait conduire à plagier Shakespeare en concluant « much ado
about nothing ? ». On peut néanmoins désormais compter Lgr5 au
palmarès des marqueurs
de cellules progénitrices hépatiques !
Hélène Gilgenkrantz
Inserm U1016-CNRS UMR 8104,
Institut Cochin, Paris, France
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Références
- Huch M, et al. Nature 2013 ; 494 : 247-50.
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Des découvertes tonitruantes font la une des revues les plus
prestigieuses
et sont relayées par des communiqués de presse tout
aussi dithyrambiques. Parfois, le soufflé retombe aussi vite qu’il était
monté car les résultats ne peuvent pas être reproduits (souvenons
nous par exemple des polémiques récentes sur la remise en cause des bases de la
biochimie par l’ADN arsénié). Le taux de rétractation dans les revues à fort facteur
d’impact augmente de manière significative [1] et le comble est que les résultats
non reproductibles peuvent être mis à l’honneur
[2]. Ces erreurs, ou même fraudes, peuvent avoir
des conséquences graves et engager de jeunes
chercheurs dans des voies sans issue, surtout si
les données proviennent d’équipes bien établies
et cautionnées par des chercheurs de renom.
Victime d’une telle mésaventure, Elizabeth Iorns
[3], chercheuse en cancérologie, s’est dit « bon
sang, mais c’est bien sûr !... pour être valables, les
résultats devraient être validés, donc reproduits par des expérimentateurs indépendants
et, de facto, certifiés ». Imaginons donc que vous ayez découvert une
molécule active sur une maladie importante ; en même temps que vous soumettez
votre article à une revue prestigieuse, vous adressez vos protocoles expérimentaux
à « Reproducibility Initiative » [3]1. En retour (et moyennant finances),
cette dernière vous mettra en relation avec une société capable de les mettre en
oeuvre et de reproduire, ou pas, vos résultats. En principe, la société concernée
n’est pas censée connaître vos résultats, mais rien ne lui interdit d’avoir accès
à la publication
déjà parue (!). Il est même prévu une séance de
rattrapage, qui ferait appel à un second sous-traitant, au cas où
il y aurait eu des problèmes. Les résultats, confirmés, seraient
alors (re)publiés et cosignés par
les laboratoires « découvreur » et
« confirmateur », dans la revue
PLoS One, qui accepterait également
les résultats « non reproduits
» signés, on suppose, des
seuls vérificateurs. Avec ces résultats
« certifiés » ou « démentis »,
on aura fait deux articles pour
un prix de revient relativement faible (10 % de frais à prévoir
dans la demande de financement). Cherche-t-on à améliorer
l’avancée des connaissances ou à trouver de nouveaux modèles
économiques
pour les éditeurs ?
Raoul Ranjeva
Jacques Haiech
UMR7200
Laboratoire d’innovations thérapeutiques
Illkirch, France
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1 Science exchange est, par ailleurs, une société de réseautage qui propose des services « clés en mains » allant du
séquençage d’ADN jusqu’à la production de souris génétiquement modifiées.
Références
- http://retractionwatch.wordpress.com/
- http://www.newspapersites.net/magazine/journal-of-irreproducible-resu.asp
- https://www.scienceexchange.com/reproducibility
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Publier ou périr, combien
de m3 d’encre ont coulé et
couleront encore sur ce
thème et sur ses différents
avatars ? Progressivement, les équipes de recherche se sont mises à prévoir une ligne
budgétaire pour pouvoir publier dans des revues prestigieuses qui, en plus de la qualité
scientifique, exigent des frais d’édition. Une étape supplémentaire a été franchie quand
on a appris qu’un éditeur réclamait de l’argent pour
retirer un article publié deux fois [1]. Jeffrey Beall,
bibliothécaire de l’Université du Colorado, avait
repéré qu’un même article, cosigné par les mêmes
auteurs, était paru dans deux revues différentes [2]. Il s’agit d’un cas d’école de manquement
à l’éthique scientifique dont les ressorts sont complexes. En premier lieu, ce
serait le doctorant qui aurait soumis l’article « à l’insu du plein gré » de son encadrant.
Ce dernier aurait, de son côté, de manière presque simultanée, envoyé pour expertise
le même travail à une autre revue. Comble de (mal ?) chance, les deux journaux ont
accepté le manuscrit. L’une des revues, du consortium Elsevier, est réputée sélective,
l’autre ferait, en revanche, partie de cette nébuleuse de journaux à accès libre (open
access), peu regardants sur les contenus et qui cherchent à recruter des auteurs et des
experts. Selon J. Beall, il s’agit de revues prédatrices à but strictement lucratif, donc peu
recommandables et encore moins prestigieuses [2]. Voulant s’extraire de ce guêpier,
le chercheur « senior » aurait demandé à retirer l’article de la revue de faible facteur
d’impact (qui avait la primauté de la soumission). Il s’est alors entendu répliquer qu’il
lui fallait débourser 650 $ en dédommagement des frais engagés pour le traitement du
manuscrit. La réaction de la communauté scientifique, consultable sur le blog de J. Beall
[2], est très contrastée. Elle va de « comportement
irresponsable
de chercheurs
» dont on devrait effacer
la publication
à « victimes
de prédateurs et
de la culture mandarinale » (l’article relate un travail réalisé en
Thaïlande), en passant par « dans la mesure où on accepte de
payer pour publier, on rentre dans la logique transactionnelle ; la
rétractation doit donc avoir un coût ». Il s’agit d’une discussion
de fond qui pose la question de
la signification d’une publication
scientifique. Est-ce une
contribution à l’amélioration
des connaissances ? Un produit jetable ? Comment reconnaître la
contribution de chaque signataire ? Dans ce cas, il n’y a pas eu de
vol de résultats et les travaux peuvent être vérifiés. Est-ce moins
moral que de publier sciemment des résultats erronés ? Que dire
et penser de la « redécouverte » dans une revue prestigieuse d’un
phénomène décrit, quelques années auparavant, par des collègues
publiant en Chinois ou en Japonais ? La communauté scientifique
est-elle logée à la même enseigne que celle de l’édition et de
la gesticulation médiatique [3] ?
Raoul Ranjeva
Jacques Haiech
UMR7200
Laboratoire d’innovations thérapeutiques
Illkirch, France
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Références
- Voir The Scientist (http://retractionwatch.wordpress.com/2012/12/26/
publisher-wants-650-to-retract-duplicated-study/#comments).
- Voir la liste des predatory publishers 2013 sur le blog de J. Beall
(http://scholarlyoa.com).
- Dicker J. La vérité sur l’affaire Harry Quebert. Paris : Éditions de Fallois, 2012 : 670 p.
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© Inserm-Éric Dehausse
La vitamine D et ses analogues diminuent la protéinurie
au cours de la néphropathie diabétique [1].
De plus, les podocytes glomérulaires expriment le
récepteur de la vitamine D (VDR) et le 1,25 (OH2)
D3 stimule la synthèse de néphrine, une protéine
présente dans le diaphragme de fente unissant les
pieds des podocytes, qui joue un rôle majeur dans
le maintien de l’imperméabilité aux protéines de la
barrière glomérulaire [2]. Wang et al. [3] se sont demandé si la vitamine D, par
ses effets sur les podocytes, protégeait ou non les reins chez les souris diabétiques.
Pour répondre à la question, ils ont utilisé des souris transgéniques (Tg) dont les
podocytes avaient été ciblés avec le VDR humain (hVDR) placé sous le contrôle du
promoteur de la podocine, protéine exprimée spécifiquement dans les podocytes.
Afin de distinguer le hVDR du VDR murin, le premier a été étiqueté à son extrémité
amino-terminale (Flag). Il a été vérifié par immunofluorescence avec des anticorps
anti-Flag que le transgène hVDR était présent uniquement dans les podocytes de
ces souris. Des souris sauvages et Tg furent rendues diabétiques par injection de
streptozotocine et traitées, soit par le doxercalciférol, un analogue de la vitamine
D, à des doses dix fois moindres que celles utilisées pour prévenir l’albuminurie chez
des souris sauvages diabétiques, soit par injection du seul solvant. La protéinurie
basale était élevée chez les souris diabétiques sauvages et très basse chez les souris
Tg. Le traitement par le doxercalciférol eut peu d’effet chez les premières alors qu’il
supprima complètement la protéinurie
chez les secondes. La diminution du
nombre des podocytes, très marquée chez les souris sauvages, était considérablement atténuée chez
les souris Tg de même que le nombre de podocytes en apoptose
et la sclérose glomérulaire. Le rôle du VDR a été confirmé par la
sévérité des lésions chez des souris invalidées pour ce récepteur
(VDRKO) et rendues diabétiques. De plus, lorsque ces souris
sont croisées avec des souris Tg, elles donnent naissance à des
souris invalidées pour VDR chez lesquelles seuls les podocytes
possèdent hVDR (TgKO). Chez ces dernières, l’albuminurie était
peu élevée, et les lésions des podocytes très atténuées. Le
mécanisme de la vitamine D sur les fonctions des podocytes a
été analysé in vitro dans des cultures de podocytes de souris
immortalisés. Le traitement par le 1,25 (OH2) D3 réduisait
l’expression des marqueurs proapoptotiques, et inhibait la
phosphorylation des ERK et la voie de signalisation en aval de
la protéine p38. L’ensemble de ces données montre clairement
le rôle de la vitamine D dans la protection des reins au cours
du diabète. On ne peut que conseiller aux patients diabétiques
de vérifier qu’ils ne sont pas carencés en vitamine D.
Raymond Ardaillou
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Références
- De Zeeuw, et al. Lancet 2010 ; 376 : 1543-51.
- Deb DK, et al. J Biol Chem 2011 ; 286 : 32011-7.
- Wang Y, et al. J Am Soc Nephrol 2012 ; 23 : 1977-86.
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Sarcophaga carnaria
©Wikimedia Commons
Comment effectuer une surveillance
de la biodiversité, surtout dans les
forêts tropicales denses ? De nombreuses espèces sont menacées,
d’autres sont encore inconnues : on en découvre de nouvelles, telle cette grenouille, Rhacophorus helenae, de la famille des Raphocoridés, observée récem-ment dans les forêts du Sud Vietnam [1]. Quand surviennent des épidémies,
comment dénombrer les cadavres et trouver l’agent pathogène à l’origine de leur
disparition ? C’est à partir de cette problématique qu’une idée ingénieuse est
venue à un chercheur français, Sébastien Calvignac-Spencer, qui travaille à l’institut Robert Koch de Berlin. Ses résultats, qui viennent
d’être publiés [2], ont eu les honneurs de commentaires
dans les grandes revues scientifiques [3]. Le principe en
est simple : au lieu de parcourir les forêts tropicales, il
suffit de capturer des mouches à viande (Calliphoridae
ou Sarcophagidae) qui pullulent dans ces régions, d’en
extraire l’ADN et d’identifier des fragments d’ADN (à partir des bases de données) pouvant correspondre à celui de cadavres d’animaux dont elles se sont
nourries. Chez les diptères, la digestion étant assez rudimentaire, il est possible
de retrouver - outre l’ADN de la mouche - de longs fragments de plusieurs centaines de bases, et de reconstituer le génome de diverses espèces de mammifères
vivant dans ces biotopes difficilement accessibles. Sébastien Calvignac-Spencer
a mis son idée en pratique dans deux lieux-refuges de nombreux mammifères
menacés d’extinction : (1) dans le parc national Taï, en Côte d’Ivoire, qui renferme une des dernières forêts
primaires d’Afrique, et (2) dans le
parc national de Kirindy Mitea à
Madagascar. En Afrique, il a ainsi
trouvé des séquences d’ADN de 22
espèces (rongeurs, amphibiens,
oiseaux, chauve souris, primates
dont un cercopithèque diane,
espèce menacée, ainsi qu’une antilope très rare, Cephalophus
jentinki). À Madagascar, un tanrec, petit herbivore voisin du
hérisson (hedgehogen anglais), un fossa,
gros mammifère carnivore ressemblant à
un puma, deux lémuriens et un oiseau (un
rale d’eau : Rallus madagascariensis). Ce
travail remarquable met évidemment en
valeur cette méthode de recherche qui va
se poursuivre et sera sans doute reprise par d’autres. Une autre
méthode a été utilisée au Vietnam : la recherche d’ADN de mammifères dans l’estomac des sangsues [4]. Décidément, des boues
d’épuration [5] aux charognes, la recherche se tourne désormais
vers l’exploitation des déchets…
Simone Gilgenkrantz
médecine/sciences
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Références
- Rowley JJL, et al. J Herpet 2012 ; 46 : 480-7.
- Calvignac-Spencer S, et al. Mol Biol 2013 ; doi : 10.111/mec 12183.
- Yong Ed. Nature News doi : 10.1038/nature.2013.12147.
- Schnell IB, et al. Curr Biol 2012 ; 22 : R262-R263.
- Chouari R, et al. Microb Ecol 2010 ; 60 : 272-81
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En 2007, m/s publiait deux Nouvelles : l’une, de Jérôme Collignon et Aitana
Perea-Gomez, rapportait les résultats d’une étude révélant des différences
marquées entre les blastomères d’un embryon précoce, plaidant pour une
régionalisation précoce de l’embryon de souris [1]. Dans la seconde, Jean
Livet nous présentait ses souris transgéniques brainbow aux cerveaux multicolores [2]. Ce système très puissant d’analyse clonale permet aux cellules
d’un tissu donné de faire un choix aléatoire d’expression entre plusieurs XFP
(protéines fluorescentes de couleur variée). Il est basé sur le système de
recombinaison Cre/lox inductible, la conception astucieuse des transgènes
offrant à la recombinase un choix entre plusieurs possibilités de recombinaison, conduisant ainsi à différentes configurations finales
(et donc à une multitude de couleurs). L’association
des approches décrites dans ces deux Nouvelles permet
aujourd’hui à l’équipe de K. Eggan (Harvard University,
Cambridge), en collaboration avec K. Loulier et J. Livet, de confirmer que
chez la souris, les blastomères d’un embryon 4-cellules ne participeront
pas de façon équivalente au trophectoderme (futur
placenta) et à la masse interne (futur embryon),
ségrégation cellulaire qui caractérise le stade blastocyste [3]. Pour identifier cette non-équivalence
des blastomères, les zygotes ont été isolés de souris
transgéniques pour une construction complexe (array
tandem) de cinq transgènes, chacun hébergeant
trois séquences (flanquées de séquences lox) codant
chacune pour une couleur permettant donc une combinaison maximum de 21 couleurs après l’action de la
Cre (croisement avec des souris CAGGS : Cre-ER TM2
).
Ces zygotes ont été cultivés in vitro et la Cre induite au stade
4-cellules ou 8-cellules ; le développement des embryons s’est
poursuivi jusqu’au stade de blastocyste tardif. L’analyse de
ces embryons a été faite par microscopie confocale, et une
analyse statistique rigoureuse a confirmé le lien une couleur-un blastomère et éliminé les biais expérimentaux possibles.
Un biais de ségrégation entre masse
interne et trophectoderme est détectable dans 40 % des embryons. Ce biais
ne semble pas expliqué par la situation
« spatiale » des blastomères par rapport aux plans de clivage
du zygote, ce que suggérait l’équipe de M. Zernicka-Goetz [1],
mais plusieurs mécanismes possibles de non-équivalence des
blastomères peuvent intervenir. L’étude permet également
de suivre la contribution de ces différents clones aux tissus
d’embryons plus âgés et de confirmer l’hétérogénéité de leur
contribution. Cette superbe plongée colorée dès l’origine de
la vie nous prouve toute la puissance de l’analyse clonale et
confirme ce que de multiples analyses single cells démontrent
jour après jour, il n’y a pas deux cellules identiques.
Références
- Collignon J, Perea-Gomez A. Med Sci (Paris) 2007 ; 23 : 679-81.
- Livet J. Med Sci (Paris) 2007 ; 23 : 1173-6.
- Tabansky I, et al. Curr Biol 2013 ; 23 : 21-31.
Laure Coulombel
médecine/sciences
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