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My (baboon) taylor is rich (brèves ; 23/05/2012)
My (baboon) taylor is rich

Le babouin peut se passer de l’anglais sans peine pour distinguer rich de ruch ou rach, les deux derniers mots n’existant pas en anglais. Dans une étude utilisant le conditionnement opérant en milieu ouvert, Grainger et al. [1] ont démontré que ces lointains cousins utilisaient une stratégie d’apprentissage statistique pour distinguer des mots signifiants de mots non-signifiants de 4 lettres. Cet apprentissage orthographique ne requiert donc a l’évidence pas, comme on le pensait jusqu’alors, de pré-requis linguistiques phonologiques. Les babouins ont été choisis comme sujets par la similitude de leur système visuel avec l’humain et leur relative incapacité à appréhender les bases de notre langage, contrairement aux grands singes. Cette étude appuie l’hypothèse selon laquelle certaines capacités cognitives complexes « se servent » de structures et de fonctions préexistantes, en l’occurrence la capacité du cortex occipital-frontal à reconnaître des formes complexes, des visages aux caractères imprimés. Cela pourrait également permettre de jeter un regard neuf sur l’incompatibilité observée entre un certain caractère inné d’affections comme la dyslexie et l’apparition trop récente du langage écrit à l’échelle de l’évolution pour avoir pu s’imprimer génétiquement et structurellement dans notre cerveau [2]. Reste à répéter l’expérience en français pour que nos maîtres bénéficient de l’expérience d’assistants babouins pour améliorer l’« aurtaugrafe » de nos chères têtes blondes.

Jean-Michel Rigo
Biomed Research Institute, Hasselt University, Belgique
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Références

  1. Grainger J, et al. Science 2012 ; 336 : 245-8.
  2. Platt ML, Adams GK. Science 2012 ; 336 : 168-9.