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Régénération hépatique et cirrhose : tout est dans le microenvironnement ! (brèves ; 25/07/2012)
Régénération hépatique et cirrhose :
tout est dans le microenvironnement !

© Inserm - Christiane Guillouzo

Décidément, l’environnement est à la mode ! Bien sûr, on savait qu’une régénération hépatique efficace dépendait avant tout de facteurs de croissance émis par les macrophages ou les cellules étoilées du foie. De là à imaginer qu’un microenvironnement sain suffirait à restaurer la fonctionnalité et la capacité régénérative perdues des hépatocytes en cas de cirrhose décompensée, il n’y avait qu’un pas. L’équipe d’Ira Fox (Pittsburgh, États-Unis) l’a franchi en transplantant des hépatocytes de foies de rats cirrhotiques, cirrhose soit compensée soit en décompensation, dans un microenvironnement sain [1]. Les auteurs ont tout d’abord étudié les cellules avant transplantation : dans les hépatocytes issus de foies cirrhotiques décompensés, l’expression de gènes du métabolisme et du cytochrome P450 est basse comparée à celle d’hépatocytes issus de foies cirrhotiques compensés. L’analyse transcriptomique des deux catégories d’hépatocytes révèle l’activation de gènes répondant à un message contradictoire : prolifération et mort cellulaire avec, au coeur de cet oxymore, une toile de gènes centrée par le facteur NFKB. À l’inverse, l’expression des gènes sous la coupe du facteur de différenciation hépatocytaire HNF4a diminue avec l’aggravation de la maladie, en corrélation avec la diminution de la taille des télomères et la perte progressive de l’activité de la télomérase. En résumé, sénescence et dédifférenciation sont, à l’échelle de l’hépatocyte, les deux stigmates de la décompensation cirrhotique. Les deux sortes d’hépatocytes ont ensuite été transplantés dans le foie de rats analbuminémiques traités par un alcaloïde inhibant la prolifération des hépatocytes résidents, la rétrorsine, et donc favorisant la prolifération des hépatocytes transplantés. Si l’implantation des cellules est identique dans les deux groupes, le niveau d’albumine sérique produite est largement en faveur des hépatocytes issus de foies en cirrhose compensée, du moins au début du processus. Ceci se traduit, un mois et demi après la transplantation, par un niveau de repeuplement supérieur si les cellules greffées sont issues de foies de cirrhose compensée (57 % versus 22 %). Cependant, trois mois après la transplantation, il n’existe plus aucune différence entre les deux groupes ni en termes de repeuplement, ni pour l’expression sérique de l’albumine. On pourrait faire de la conclusion une campagne publicitaire : « changer votre microenvironnement et vous serez guéris ! ». Mais pour miser sur cet adage, il faudrait quelques éléments plus mécanistiques. Nous attendrons donc une démonstration que le repeuplement ne s’est pas fait aux dépens de cellules progénitrices avant de trouver les moyens efficaces pour recouvrer un microenvironnement sain.

Hélène Gilgenkrantz
Institut Cochin, Paris, France
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Références

  1. Liu L, et al. Hepatology 2012; 55: 1529-39.